| Subject: Du temps où nous n'étions pas guerrier |
Author: Raven
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Date Posted: 07:35:22 10/21/03 Tue
Je me rappelle un temps où nous n'étions pas guerriers
Il y avait des fleurs pourpres à ta fenêtre
Serein, l'été sans fin coulait sous nos rires
Et les sentiers rocailleux n'étaient jamais vieux
La nuit
La nuit la chaumière paisible expiait de chaleur
La nuit je dormais sous tes murmures
Tête reposée, cheveux fous sur ton sein
Main sur le coeur, et hélàs,
Les vagues qui s'échouaient à notre rive
Les abeilles du chant qui jamais ne s'en lassent ;
Ces murmures ne contenaient trop d'acuité
Soufflaient-ils, étions-nous sourds,
Du temps où nous n'étions pas guerriers
Aurore brillante de côté, merles d'argent aux bruns rameaux
Les feuillages ont valsé verts, oh mon amour passé !
Au lac émeraude les cygnes se rappellent et chantent
Que nous allions baigner le soir au croissant d'une lune d'ivoire
Et le jour
Le jour le jasmin du jardin s'élevait en voiles voluptes
Le jour le parfum de ses cheveux l'entourait de pure sorcellerie
Nous étions heureux, hélàs, nous dormions joyeux
Main sur le coeur, et l'horreur !
Des feuilles mortes de l'automne, de dériver sur nos eaux
Les oiseaux silencieux d'octobre morne
Ce vent qui trainait un bien triste appel
Malheur, oh mon amour, mon tendre amour ;
Aurore saignant de côté, notre aube empoisonnée
Maintenant les feuilles tombent sans relâche
Combattants épuisés, le ciel se retient de pleurer
Nos rues, nos villes tremblent d'éclats ; drapeaux sans vie
Idées et choses ; âmes déterrées des livres faux
Et le soir
Le soir nous pleurons parce que nos forêts sont disparues
Le soir l'hiver final nargue notre chaleur qui s'éteint
Incapables de dormir, hélàs !
Nous avançons, silouettes noires dans la tempête grise
Main sur le coeur, tendres et cruels
Nos cris répétés par frères et soeurs, et la cité effrayée
Ô mon amour, où sont les fleurs pourpres et le jasmin ?
Savons-nous rire encore, maintenant que nous sommes guerriers ?
Espoir, ô mon amour, mon grand amour ;
Maintenant, les feuilles tombent à nos pieds
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