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Subject: Le Seigneur du Pipo - Chapitre XVII - La Boulette


Author:
Gramon
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Date Posted: 15:45:03 05/15/02 Wed
In reply to: Gramon 's message, "Le Seigneur du Pipo - Chapitre XVI - Le Cerceau Républicain" on 15:43:28 05/15/02 Wed

(L’auteur tient au préalable à s’excuser sincèrement auprès de Yann(or) pour l’allusion à la fin du chapitre précédent.)
Les roues du cheval de feu crissèrent en semant des étincelles dans le sillage de la bête métallique, qui finit par s’arrêter dans la gare de San Sebastian. Goo-Peel, Walgorone, Sady et Jessie l’Ecuyer en sortirent, la mine rayonnante, prêts à de nouvelles aventures dans le Pays Bask. Golen, Gonia, Barbecourte et Gramon les attendaient sur la quai. Ils étaient venus de Naoned par les grands chemins, dans la carriole de Mormon. Embrassades et poignées de mains chaleureuses marquèrent leurs retrouvailles.
" Une noble mission nous attend, les amis, annonça Gramon alors qu’ils sortaient de la gare et découvraient la vieille ville côtière traversée par le cours d’un fleuve. L’anneau pipal est peut-être dans cette ville, et nous devons le retrouver.
- Oui, mais par où commencer ? demanda Sady, tenant dans la main le petit bout de parchemin sur lequel n’était mentionné que le nom de la ville. Tu as vu comme cette cité est grande ?
- En plus tout est écrit en deux langues incompréhensibles, fit Walgorone dépité, une qu’on comprend pas, le Spaniolle, et une autre qu’on comprend encore moins, le Bask ! "
- Mais, vous savez que je peux aider, proposa Gonia qui parlait Spaniolle.
- En tous cas, j’ai faim. " conclut Goo-Peel, un grognement d’estomac faisant office de point à la fin de sa phrase.
L’estomac de Walgorone répondit à l’appel en faisant écho. Ils avaient longtemps voyagé et la faim se faisait sentir. " On peut toujours commencer par s’asseoir dans une auberge accueillante et découvrir la cuisine locale ? Qu’est-ce que vous en pensez ? "
La proposition du Ranger semblait fort honnête, et les huit hobbits prirent la direction de la vielle ville.
***
En face d’une petite église dominant de manière bucolique une charmante ruelle de San Sebastian se trouvait le Baratapas de Pintxos. De la fenêtre entrouverte de cette auberge émanait un délicieux fumet de jambons généreux, de tortillas savoureuses et de pâtés nourrissants. Mais l’odeur la plus agréable provenait de la cuisine, dans laquelle la tenante, Maïté, préparait dans une gamelle de petites boulettes à base de viande de bœuf. Un chiffon autour de la tête, cette Baske pure souche à la stature imposante malaxait la chair du mouvement habile et expérimenté de ses gros bras athlétiques, au bout desquels se trouvaient des mains calleuses ornées d’une belle bague en argent. " Il n’y a pas assez de sel ", dit-elle tout haut sur le ton de la conversation, alors qu’elle était seule dans la cuisine. A peine une seconde plus tard, comme en réponse à sa remarque, un mince filet de sel commença à tomber du ciel dans sa gamelle, comme matérialisé de nulle part. " Ca suffit comme ça " ajouta-t-elle dans le vide, et le filet salin disparut, cessant de se déverser. " Rhézousse va être content de cette offrande, continua-t-elle en langue Bask en pétrissant sa viande nouvellement salée, Un bœuf élevé au caviar, lavé au champagne, sacrifié avec un couteau en or incrusté de diamants ! Dix prêtres ont veillé toute une nuit pour bénir cette viande sacrée. " Elle se signa de la main en levant les yeux au ciel.
Une fois que le plat de boulettes fut cuit dans sa sauce aux poivrons et aux tomates ayant été cultivés dans un terreau de cendres de bois rares et arrosés de Saint Emilion, elle le posa sur le coin de la table de la cuisine. Pendant que le plat déchauffiassait, Maïté partit dans la chambre envoyer un Nimel en Bask destiné aux Grands Moines du Culte de Rhézousse, afin qu’ils viennent prendre le plat pour le donner en offrande à leur Dieu.
Cependant, il se trouvait que dans cette ville, un petit garçon Bask espiègle parcourait le quartier, toujours à l’affût d’un tour à jouer à ses habitants. Il s’appelait Juanito le Farceur. Passant devant l’auberge de Maïté, il remarqua le fumet caractéristique des boulettes de Rhézousse. Il avait toujours rêvé d’y goûter : des boulettes comme ça, ça n’a pas de prix ; c’était l’occasion ou jamais ! Un petit sourire aux lèvres, il s’introduisit discrètement dans le Baratapas, s’empara du plat et sortit précipitamment dans la ruelle.
***
Au même moment, Walgorone et ses amis hobbits descendaient la ruelle de la vielle ville, et en arrivant au niveau d’une petite église, ils remarquèrent un petit garçon qui sortait de la maison d’en face.
" Salut petit, dit Walgorone, où est-ce que tu cours comme ça ?
- Eh bien, je… commença le garçon avec un petit air de culpabilité.
- Mais c’est que tu as un petit plat bien appétissant ! Le Ranger tenta d’éviter de trop baver mais il ne pouvait s’empêcher de fixer le plat de boulettes toutes chaudes et appétissantes.
- Je m’appelle Juanito, déclara le gamin, avec un éclair d’espièglerie qui s’alluma dans ses yeux. Je vends des Pintxos, vous en voulez ? Et il lui tendit le plat avec un sourire malicieux.
- C’est quoi ? Ca a l’air bon ! fit Goo-Peel lorgnant derrière l’épaule de Walgorone.
- C’est des Pintxos, c’est pas cher ! Vous voulez goûter ? "
Walgorone lui prit le plat des mains, et commença a avaler goulûment quelques boulettes de l’offrande sacrée.
" - C’est pas mauvais, articula-t-il entre deux bouchées. Ca ressemble à la viande qu’on met chez nous dans les Ravioli.
- Vous aimez ? demanda le chérubin tout sourire. C’est 13,80 Ecus d’Or.
- Gllarggh ! Walgorone faillit s’étrangler avec sa boulette. Tu te fiches de moi, gamin ?? Les autres hobbits contemplaient la scène médusés.
- Ben, oui. C’est pas cher, hein ? rétorqua le gamin auquel on aurait donné le bon Rhézousse sans confession. Maintenant monsieur, tu ouvres ta bourse, et tu me donnes les Ecus d’Or, d’accord monsieur ? "
Le Ranger, tout en fixant les yeux du gamin d’un air absent, défit mécaniquement sa bourse, en sortit la moitié de l’or qui s’y trouvait, et lui tendit les pièces. " Merci monsieur, fit Juanito le Farceur en prenant les pièces, c’est toujours un plaisir de délester les touristes ! " Et il partit en courant le long de la ruelle, les murs des petites maisons transmettant l’écho de son rire satisfait et presque innocent, laissant Walgorone éberlué, le plat encore chaud entre les mains. Réalisant ce qui venait de se passer, il balbutia d’un air incrédule : " Non… Il fixait d’un air désolé la boulette qui restait dans le plat. ‘Me dites pas que j’ai déboursé 13,80 Ecus pour ça !
- Euh… si ? hasarda Jessie
- ‘Tin je sais pas comment il a fait ! lança Mormon stupéfait.
- Balaise, le gamin ! fit Golen
- Maintenant on sait que ‘Pintxos’, ça veut dire ‘arnaque’ en Bask, gémit le Ranger en tâtant sa bourse qui venait de subir un régime forcé. Tant qu’on y ait, autant finir la dernière boulette ! "
Il croqua alors dans la boulette, mais alors qu’elles se refermaient sur le morceau de bœuf hors de prix, ses dents heurtèrent un morceau dur en émettant un ’clang !’ sec. " Hmm ! ? fit Walgorone contrarié. Vu le prix des boulettes, ils pourraient au moins éviter d’y laisser des bouts d’os ! "
***
Maïté, la tenante du Baratapas de Pintxos signa le Nimel destiné aux Moines de Rhézousse, et au moment où elle enroulait le message, elle remarqua que quelque chose avait disparu de sa main gauche. " Glaghutxian ! (nous ne traduirons pas ce mot, en tous cas c’est un juron typiquement Bask) Ma bague ! " Elle sortit précipitamment de sa chambre et se rua dans la cuisine. Le plat avait disparu, lui aussi ! Furieuse, Maïté remarqua alors une discussion aminée à travers la fenêtre ouverte de l’auberge. A l’extérieur, des gens se plaignaient en une langue qu’elle ne connaissait pas. Hors d’elle, la cuisinière grogna d’une voix tonnante : " QUI A PRIS MES BOULETTES ? ! ? " Et elle se dirigea vers la porte d’un pas lent, lourd et décidé.
***
Tandis que Walgorone sortait de sa bouche le corps dur dans lequel il venait de mordre, un rugissement incompréhensible monta de derrière la porte de l’auberge devant laquelle se trouvaient les hobbits. " Houla ! s’exclama Jessie l’Ecuyer. Je crois qu’on ferait mieux de se cacher ! Partez ! Moi je vais attendre qu’elle ouvre la porte pour l’assommer avec mon gourdin. " Il se colla alors contre le mur à côté de la porte, le gourdin levé, attendant qu’elle s’ouvre. Mais Jessie, dans son élan de bravoure, n’avait malheureusement pas pensé que pour frapper, il valait mieux se placer du côté où la porte s’ouvrirait, et non du côté du pivot… " C’est le moment où jamais ! ", cria-t-il, au moment où…
" VLAM ! ! " La porte venait d’effectuer en un quart de seconde un tour de 180° autour de son axe. Enfin, un peu moins, car sur la fin de son mouvement initié par la poigne ferme de Maïté, le bois massif de la porte d’entrée rencontra Jessie qui s’interposait entre le mur et elle. " Aïe… Fa fait fuper mal,fa ! " bredouilla Jessie en crachant quelques dents.
Maïté se trouva alors nez à nez avec Walgorone, qui tenait d’une main une moitié de boulette de viande, et de l’autre, la bague de la cuisinière. A la tête qu’elle tirait, elle était manifestement très irritée par la situation, et le rouleau à pâtisserie gros comme un tronc qu’elle tenait dans la main laissait présager un mauvais quart d’heure pour les hobbits. Un sourire gêné se peignit sur le visage du Ranger : " Hé… ce n’est pas ce que vous croyez, monsieur… euh, pardon : madame ! "
Les hobbits apprirent alors à courir très vite. Sady avait réussi à réveiller Jessie pendant ce temps (méthode brutale), et ils détalaient maintenant tous ensemble dans les rues de San Sebastian. Dans sa course folle pour la vie, Walgorone avait laissé tomber son reste de boulette (une fortune gaspillée), ce qui fit diversion. Heureusement, la grosse ogresse en colère n’allait pas vite et, au bout de quelques minutes très intenses, ils réussirent finalement à la semer.
Arrivant enfin au bas d’une ruelle qui menait au fleuve, les hobbits reprirent leur souffle. Le preux Ranger contempla l’anneau encore graisseux qu’il avait gardé dans la main : " Hmm… il n’est pas vilain… " Et il le mit à son doigt, car il avait bien mérité une telle récompense après la frayeur qu’il venait d’avoir. Mormon soupira de soulagement : " Ben voilà, c’était pas si dur que ça ! Même pas capable de nous rattra… "
Il fut alors interrompu par le son aigu d’une cloche non loin de là. Puis d’autres se mirent à carillonner en chœur, et ce fut bientôt le tintamarre tout autour des hobbits. " Dites, vous croyez que c’est le folklore local, ces petites cloches ? " hésita Golen sans vraiment y croire. Ses propos furent vite démentis par la horde de Moines encapuchonnés qui dévalaient la ruelle. L’alarme avait été sonnée, et ils avaient l’air furieux. En effet, il est peu commun qu’une trentaine de religieux se précipitent sur vous avec divers instruments contondants uniquement pour vous souhaiter la bienvenue.
" Cassos ! cria Goo-Peel.
- Ben je veux bien, mais où ? rétorqua Walgorone impuissant.
- Euh… l’Archer regarda autour de lui. Le fleuve, là ! Son courant pourra peut-être nous emporter loin d’ici ? Il se prépara à sauter dans le petit cours d’eau qui s’écoulait.
- Mais tu es fou ! lui fit remarquer Walgorone. Il n’y a pas assez d’eau… "
Un éclair retentit alors au-dessus d’eux, et le ciel qui auparavant était clair se couvrit de nuages gris. Quelques gouttes commencèrent à consteller les pavés, comme des paillettes sombres et humides. Tout cela eut lieu en quelques secondes, au bout desquelles l’averse se transforma en trombes d’eau tombant du ciel. L’eau descendait en torrents le long de la ruelle, se déversant sur les hobbits qui furent entraînés par sa puissance, sous le regard stupéfait des moines courroucés.
Les huit touristes furent entraînés par les flots d’eau et chutèrent dans le fleuve qui gonflait à vue d’œil. Se laissant dériver par le courant, ils s’éloignèrent loin des moines de Rhézousse furibonds qui les contemplaient du le bord de la ruelle, à l’abri sous les toits de San Sebastian.

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