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Date Posted: 12:23:32 01/22/03 Wed
Author: Noël Lacas, syndicaliste retraité
Subject: De 1955 à 2003 : apprendre des erreurs du passé.

Voici la transcription d’une lettre que monsieur Noël Lacas a fait parvenir au journal L’Action de Joliette en réaction à un article paru le 15 décembre 2002 où le président du Syndicat des policiers de Joliette nie l’existence d’une clause orphelin à Joliette.

Monsieur Lacas a notamment été négociateur à la CSN de 1952 à 1984. À sa retraite, il cumulait plus de 39 ans de syndicalisme actif. Il a été le négociateur de la convention collective des policiers de Joliette en 1955, le conseiller syndical du syndicat des agents de la paix de la Fonction publique en 1966, membre du Comité de coordination des négociations dans le secteur public en 1974 et enfin, le conseiller syndical spécial à l’Union des agents de la paix en institutions pénales du Québec de 1980 à 1984. Il est aussi l’auteur d’un livre intitulé «Histoire du Conseil central des syndicats nationaux de Lanaudière» publié aux éditions du Renouveau québécois en 1987.





J’ai lu les articles «Les jeunes policiers montent aux barricades : Monsieur Benoit Daoust» et «Il n’y a pas de clause orphelin à Joliette : Monsieur Pierre Sasseville» publié dans votre édition du 15 décembre 2002.

Quand Monsieur Pierre Sasseville, président du syndicat des policiers de Joliette dit qu’il n’y a pas de clause orphelin à Joliette, il fait la preuve du contraire dans ses explications.

Référer à deux échelles salariales comme il l’a fait dans l’entrevue qu’il a accordée au journal : «les deux échelles salariales qui existent (…)» c’est carrément admettre l’existence d’une clause orphelin, une pour ses membres actuels et une autre pour ses nouveaux membres. Les jeunes policiers n’ont pas à prouver la clause orphelin, le président du syndicat le fait pour eux.

J’ai négocié la convention collective de travail des policiers de Joliette en mars 1955 et jamais il ne me serait venu à l’esprit d’améliorer les acquis au détriment des nouveaux policiers avec une échelle inférieure. Quand la ministre Diane Lemieux dit que « les clauses orphelins seront bannies» dans un article publié dans le Journal de Montréal le 18 décembre 1999, c’est qu’elles existaient avant cas fameuses clauses.

J’ai été conseiller syndical aux agents de la paix de la Fonction publique du Québec et j’ai négocié trois conventions collectives de travail de 1966 à 1974. En 1972, le gouvernement libéral Bourassa voulait porter l’échelle des salaires de 7 à 9 échelons avec augmentation de l’échelle de 6%. Il voulait que ça prenne deux ans de plus pour atteindre le maximum et il entendait diminuer le salaire d’un échelon à l’autre. Les 2000 agents de la paix firent une grève d’un mois. Monsieur Jean Cournoyer, ministre du Travail, qui avait remplacé monsieur Pierre Laporte, assassiné, régla cette grève en acceptant un droit à l’arbitrage à titre indicatif sur les salaires.

Dans ce dossier où je suis intervenu à titre de procureur syndical, l’arbitre Lucien Bouchard avait étudié quelque 120 conventions collectives chez les policiers, dont 95% comportaient une échelle de 5 échelons. La sentence rendue par M. Bourchard fut la proposition d’une une augmentation de 13% applicable aux sept échelons salariaux, puis le passage immédiat de 7 à 5 échelons. L’effet pour les policiers plus expérimentés fut très favorable puisque l’augmentation de 13% sur sept ans fut concentrée sur 5 ans, transformant le 13% en près de 20% d’augmentation. Sa décision de ne pas souscrire aux vues du gouvernement Bourassa fut motivée par le fait que le groupe que je représentais était celui se rapprochant le plus de la famille des policiers.

Je n’ai aucun doute quand les jeunes policiers de Joliette disent subir un manque à gagner individuel de 47 553,04 $ depuis le 1er juillet 1998. On observe le même phénomène à Montréal où plus de 750 jeunes policiers du SPVM se disent privés de 46 500 $ sur 6 ans. Avant 1997, les policiers montréalais touchaient 33 000 $ à l’embauche et après 1997, le salaire a dégringolé à moins de 25 000 $. Deux policiers : différence 8 000 $ pour un mois d’ancienneté de moins et ce, pendant 6 ans à cause d’une échelon inférieur.

Nos policiers de Joliette ont assez perdu et continueront de perdre si cette clause dérogatoire est maintenue. À Joliette par exemple, en 1955, à la biscuiterie Harnois, il y avait 3 échelles de salaires pour une même fonction : les femmes, 0,59 $ de l’heure, les hommes de moins de 18 ans, 0,61 $ de l’heure et les hommes de plus de 18 ans, 0,74 $ de l’heure. Plus orphelin que ça, tu meurs !

À l’époque, Henri Thouin, qui était président du syndicat, réussit à ramener le tout en une seule échelle. Incidemment, monsieur Thouin était l’oncle de René Laurin, ex-député du Bloc québécois et maire de Joliette aujourd’hui.

Je crois bien que le neveu est pour la justice sociale aussi et qu’il y trouvera une solution juste et équitable à l’aide du conseiller municipal avant-gardiste de Joliette(¡), monsieur Alain Beaudry

Un syndicat qui signe une convention collective de travail améliorant les acquis en sacrifiant les futurs membres n’est pas socialement ni syndicalement acceptable.

Meilleurs vœux pour une solution juste et équitable.



Noël Lacas, syndicaliste retraité

c.c.
Monsieur Benoît Daoust, GAPES-Joliette
Monsieur Pierre Sasseville , président de la Fraternité de Joliette inc.
Monsieur René Laurin, maire de Joliette
Monsieur Alain Beaudry, Président de la régie de police et conseiller municipal à la ville de Joliette
Monsieur Michel Lachance, Directeur du service de police
Monsieur Yves Prud’homme, président de la Fédération des policiers et policières municipaux du Québec

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