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Date Posted: 05:35:27 01/18/04 Sun
Author: Thierry
Subject: Décroissance

Résumé : Pourquoi décroître - Exemple du pétrole – Exemple de l’Ile de
Pâque – Risques d’une décroissance forcée.

Réunion « Décroissance » du mercredi 14 Janvier 2004 à Lyon.

Quelques éléments apportés par Vincent Cheynet lors de son intervention
(restitution non littérale d’après des notes personnelles):

« Lorsque nous parlons de décroissance, il ne s’agit pas de décroître dans
tous les domaines. Nous parlons de décroissance économique, de décroissance
du PIB. Cette décroissance est devenue impérative car il ne peut pas y avoir
de croissance infinie dans un monde fini. Surtout si le rythme de cette
croissance ne prend pas en compte la capacité de renouvellement des
ressources disponibles.

Pour prendre une image, considérons que les ressources renouvelables sont
nos revenus et que les ressources non renouvelables sont notre capital.
Aujourd’hui nous ne vivons pas sur nos revenus mais sur notre capital et, de
plus, nous sommes en train d’épuiser totalement notre capital. En occident,
nous vivons très au dessus de nos moyens puisque nous consommons à peu prés
les ressources de 3 planètes. En 2050, les démographes annoncent
approximativement 10 milliards d’êtres humains. Si ces 10 milliards d’
humains accèdent au mode de vie occidental, il faudra l’équivalant de 12
planètes en terme de ressource. Si nous visons une croissance moyenne de 2%
pour tout le monde(ce qui est supérieur à la croissance actuel en Europe
mais inférieur à la croissance de certain pays de sud), c’est alors 30
planètes qu’il nous faudra. La croissance est une impasse.

Prenons l’exemple du pétrole qui est une des ressources de base du type de
croissance à l’occidentale. C’est une ressource à renouvellement très lent.
Nous la consommons à un rythme qui dépasse de très loin les possibilités de
production d’hydrocarbure par la planète. Nous épuisons notre capital «
pétrole ». La consommation planétaire est aujourd’hui d’environ 70 millions
de barils par jours. En 2010, il est prévu une consommation de 90 millions
de barils par jours, car nos besoins ne cessent d’augmenter. Cette
croissance de la consommation de pétrole est totalement incompatible avec la
réalité des réserves disponibles. Il faut différencier les réserves générale
d’hydrocarbures, qui sont encore abondantes, et les réserves de pétroles
facilement extractibles. Ceux qui prétendent que les réserves sont encore
abondantes ont raison mais ils ne tiennent pas compte de cette distinction
capitale. En effet, le gros des ressources restantes est en fait composé de
nappes difficilement accessibles ou extractibles. Le coût d’extraction, de
transport et de raffinage pourrait devenir supérieur à l’apport énergétique
du produit lui-même. On ne peut pas imaginer une situation où il faudrait l’
équivalent énergétique d’un baril pour extraire un seul baril. L’opération n
’aurait aucune rentabilité, aucun intérêt. Prenons une image : si pour boire
le contenu d’un verre d’eau, il vous fallait autant de salive que la
quantité d’eau assimilée, vous renonceriez à boire dans ce type de verre. C’
est la situation devant laquelle nous allons bientôt nous trouver (or il n’y
a pas pour le moment de véritable solution de remplacement du pétrole, si
nous ne remettons pas en question le principe de croissance et notre mode de
vie). Inévitablement nous allons assister à une monté en flèche des coûts et
à un durcissement de la compétitions pour l’accès aux dernières ressources
existantes. Lorsque l’offre ne peut plus satisfaire la demande, il y a
inévitablement envolée des prix. Les pays riches vont consommer du pétrole
plus longtemps que les autres car de nombreux pays ne pourrons pas assumer
le coût. Il est également vraisemblable que des conflits se multiplient dans
une telle situation de pénurie (une part importante du pétrole restant
pourrait-être réservée aux armées). Certains peuvent faire le choix d’entrer
dans une véritable économie de guerre.

Nous avons déjà, dans l’histoire, des exemples de civilisations qui se sont
éteintes pour ne pas avoir pu renoncer à la logique de croissance
économique. Par exemple, l’Ile de Pâque. Selon certains chercheurs, les
habitants de l’Ile de Pâque ont pratiqué la déforestation jusqu’à épuisement
de leur ressources en bois, en particulier pour ériger leurs statues
monumentales, puis face à l’épuisement de leur capital, se sont entretués
dans des conflits pour l’accès aux ultimes ressources. Lorsque les blancs
sont arrivés, le nombre des habitants avait considérablement chuté suite à
ses massacres.

Nous allons, par la force des choses, aller vers une forme de décroissance.
Mais cette décroissance peut prendre des tournures très diverses. Une
décroissance économique subie, sans croissance parallèle de la dimension
humaine, de l’altruisme, de la convivialité…, peut déboucher sur une
catastrophe. Une décroissance économique limitée à elle-même s’appelle une
récession, ce n’est pas la solution que nous envisageons. Nous ne pouvons
pas concevoir de décroissance réussie sans changement profond des mentalités
et des comportements au quotidien. Le propre de l’homme est de maîtriser ses
pulsions, la décroissance doit être volontaire et reposer sur un esprit d’
humanisme et de solidarité. C’est un point très important car la
décroissance pourrait fort bien se conjuguer avec des formes politiques
autoritaires, voir totalitaires. Si nous ne faisons pas les bons choix à
temps, une sorte d’éco-fascisme n’est pas improbable. Plus nous tardons à
remettre en question l’idéologie économiste et le culte de la techno-science
(la science doit cesser d’être une fin en soi pour redevenir un simple
moyen),, ainsi qu’à prendre les mesures nécessaires (arrêter de vivre sur
notre capital et accepter de vivre sur nos revenus), plus nous prenons le
risque de voir apparaître des mesures de formes totalitaires. Il nous faut
tout faire pour éviter cela ».

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