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Date Posted: 18:33:12 07/24/04 Sat
Author: Mika
Subject: Danger

Le Réel Danger

Nous entendons parler chaque jour aux nouvelles du danger du changement climatique. Il y a des conférences internationales,
des documentaires télévisés, des livres à profusions. Les dirigeants se rencontrent régulièrement pour parler du problème et
définir des programmes. Même si le changement climatique est indubitablement un problème sérieux, ses aspects les plus
dangereux ne nous menaceront probablement pas avant plusieurs décennies, et encore de façon ambiguë, amenant des
bénéfices pour certains, des risques pour d'autres et peu d'effets pour quelques-uns uns.

Mais il existe un danger dont les conséquences seront bien plus destructives et qui nous touchera bien plus tôt. Un danger qui
affectera chacun, riche ou pauvre, où qu'il vive dans le monde. Il demandera des avancées financières et scientifiques
colossales pour en venir à bout. Avancées dont les dirigeants du monde montrent peu de signes qu'elles sont mises en route.
C'est un danger qui, très simplement, pourrait mener à la fin de notre civilisation industrielle. C'est le danger de la déplétion du
pétrole.

J'ai posé dernièrement une question sur un site Internet au sujet des dangers financiers que représente la déplétion du pétrole,
et une des réponses se terminait par :

Je me souviens qu'il y a vingt ans de cela on m'avait dit qu'il ne restait plus que pour vingt ans de pétrole. On nous redit
maintenant qu'il ne reste plus de pétrole que pour vingt ans. Je me demande si dans vingt ans on nous redira encore la même
chose!

C'est caractéristique de degré de fausses informations existant autour de la déplétion du pétrole. Peu de gens semblent en être
conscients et beaucoup de ceux qui le sont le considèrent comme un problème pour un futur lointain. Je suppose que la
majorité des personnes à qui l'on poserait la question « combien de temps durera le pétrole ? » répondraient plusieurs
centaines d'années. Si vous-mêmes n'avez pas d'opinion, posez-vous la question:

Connaissant le montant des réserves de pétrole et le taux de consommation actuel, combien de temps faut-il pour épuiser tout
le pétrole?

Ce résultat est connu dans le monde du pétrole comme ratio R/P (premier terme de jargon). Cela vous surprendra peu-être
de savoir que dans le rapport BP « Statistical Review for 2003 » cette durée est de 40,6 années. Ainsi chaque personne âgée
de trente à quarante ans aura probablement à faire face à un monde sans aucune goutte de pétrole.

La réalité n’est pas aussi simple que ça et malheureusement la situation est bien pire. Le problème de la déplétion du pétrole
n’est pas de savoir quand il n'y en aura plus, mais plutôt de savoir à quel moment la production de pétrole bon marché
commencera à décliner. Et, comme nous allons le voir, cela est beaucoup plus proche que nous ne le pensons.

Mon But
Je ne suis pas un expert du pétrole. Toute ma connaissance du sujet de la déplétion du pétrole vient de livres, de sites Internet
et de l’étude de statistiques. Jusqu’à quelques années en arrière, j’étais ignorant de la crise, comme le sont toujours la grande
majorité des personnes. En conséquence de quoi, il n’y a rien dans ce site qu’une personne ordinaire non informée ne puisse
comprendre, puisque je suis moi-même une personne ordinaire qui n'était pas informée. La réalité de la déplétion du pétrole
est encombrée par le jargon pétrolier (voir jargon) et une infinité de tables de chiffres. Chaque statistique semble être définie
autrement par les différents auteurs, et le terme même de pétrole a une multitude de significations. Il n’est donc pas étonnant
que le citoyen de la rue ne soit pas conscient du problème.

La masse des statistiques que j’utilise dans sur ce site vient de deux sources : la revue BP « Statistical Rewiew » et l’ASPO
(The Association for the Study of Peak Oil and Gas). Je les utilise parce que l’ensemble des données est facilement disponible
pour télécharger de leurs sites respectifs alors que la majorité des données est difficile à trouver et/ou excessivement chère.
Aucun ensemble de données sur le pétrole ne peut cependant être considéré comme totalement fiable, mais, puisque cette
inexactitude tend à favoriser les optimistes (assurément dans le cas de BP), cela vous montrera à quels problèmes nous
sommes confrontés. Si la réalité semble défavorable avec ces chiffres, imaginez-vous à quel point elle est réellement mauvaise
!

Je vous suggère, si vous le pouvez, de visiter les différents sites Internet et de télécharger les statistiques pertinentes. Ne faites
pas confiance à mes interprétations – vérifiez par vous-même. Les données sont là. Nous avons simplement besoin d’être
rendus attentifs à ce qu’elles signifient.

Comme je l’ai indiqué, je ne suis pas un spécialiste du pétrole et je ne peux pas garantir que chaque mot que j’ai écrit soit
correct, mais j’ai essayé de contrôler les informations le plus possible. C’est l’avantage d’utiliser les statistiques à télécharger
– vous pouvez vérifier beaucoup d’interprétation par vous-même. Mais si vous ne croyez pas ce que je dis, je vous incite
d’aller sur Internet et de vérifier par vous-même. Les préoccupations du public ont amené le réchauffement climatique sur le
devant de la scène. Seule une attitude similaire permettra au monde de prendre conscience du danger qui l'attend.

Paul Thompson
Reading, Angleterre
Février 2004

(Traduit par Daniel Zürcher)

les produits du petrole :

Transport
L'essence et le diesel sont probablement les premières choses qui viennent à l'esprit quand on pense à l'utilisation du pétrole.
Etant donné sa nature liquide et son rapport masse/énergie, rien ne peut remplacer facilement le pétrole. Les automobiles
peuvent être adaptées pour rouler à l'électricité ou à l'hydrogène, mais ça serait un gaspillage d'énergie et en outre inadapté
pour le futur. La circulation des personnes peut être dans une certaine mesure remplacée par les transports en commun (et du
biocarburant), ; les bateaux pourraient réduire leur consommation d'énergie avec l'utilisation de voiles modernes. Le plus
grand problème concerne les avions qui ne peuvent pas utiliser des énergies alternatives comme l'électricité. En raison leur
consommation excessive, ils seront les premiers à en souffrir.


Production d'Électricité
Environ 42% de l'énergie primaire (pétrole, gaz naturel et charbon) est utilisée pour produire de l'électricité; et si le pétrole
représente le sang de la société, l'électricité en représente l'oxygène. Comme nous l'avons vu de la gigantesque panne du mois
d'août 2003 au Nord-Est des Etats-Unis et au Canada, quelques jours sans électricités et nous sommes forcés de nous
arrêter. Bien que d'autres moyens de produire de l'électricité existent, ils ne représentent actuellement qu'un faible pourcentage
des sources d'électricité (voir tableau S1), les trois quarts provenant du pétrole, du gaz naturel et du charbon.
L'hydroélectrique est dépendant de la disponibilité de l'eau et le nucléaire n'est pas en odeur de sainteté. La seule option qui
reste sont les énergies renouvelables, mais elles ne sont pas encore suffisamment développées. Il aurait fallu dépenser plus
d'argent pour la recherche dans les années 1970 et 1980s.


Agriculture
Un des plus gros consommateurs de pétrole, – mais nous n'en sommes que peu conscients – , est l'agriculture, et pas
uniquement pour alimenter les tracteurs et moissonneuses-batteuses. Les engrais et herbicides sont tous produits à partir de
gaz et de pétrole, et les agriculteurs utilisent des aliments pour les animaux qui provenant du monde entier.

L'exemple de la Corée du Nord nous montre ce que devient l'agriculture quand on supprime les produits pétroliers. Après la
guerre. La Corée a développé une agriculture moderne, mécanisée et basée sur les engrais pétrochimiques. Avec la chute de
l'Union Soviétique, l'aide des Communistes s'arrêta et le pays ne fut plus capable d'acheter ni du pétrole, ni d'autres
fournitures. Sans pétrole, les machines agricoles restaient au repos (80% de leurs capacités en 1998) et une large portion de
la population a dû retourner aux champs. Malheureusement, le sol a été érodé et vidé des substances nutritives durant des
années et, sans engrais, il n'était plus capable de produire autant qu'avant. Les rendements des cultures agricoles ont chuté
jusqu'à 60% durant la période 1989 – 1998. Tant que le pays ne pourra pas accéder de nouveau au pétrole et aux engrais, sa
population déclinera jusqu'à atteindre son niveau d'équilibre viable.

Cet aspect est très important, aussi je l'aborde plus en détail sur la page de l'agriculture.


Matières Plastiques
La plupart des gens oublient souvent que les matières plastiques sont dérivées du pétrole. Un rapide coup d'œil dans
n'importe quelle pièce nous montre à quel points ils sont envahissants. Il y a de nombreux autres objets dans un ménage aussi
produits à partir du pétrole. Ci dessous une liste des produits qui pourraient disparaître en même temps que le pétrole.

Climatiseurs, ammoniaque, antihistaminiques, antiseptiques, gazon artificiel, asphalte, aspirine, ballons, pansements, bateaux,
bouteilles, chewing-gums, butane, cameras, bougies, voitures, batteries pour l'automobile, carrosseries de voitures,
moquettes, cassettes vidéo, calfeutrage, CD, froid, peignes/brosses, ordinateurs, cortisone, crayons de couleur, crèmes,
adhésifs dentaires, déodorants, détergents, produits-vaisselle, habits, séchoirs, couvertures chauffantes, toile isolante, engrais,
leurres de pêche, fils de pêche, cire pour sols, ballons de foot, colles, glycérine, balles de golf, cordes de guitares, teintures
pour cheveux, bigoudis, aides auditives, valves cardiaques, mazout de chauffage, peintures, congélateurs, encres, insecticides,
isolation, kérosène, gilets de sauvetage, linoléum, beurre de cacao, rouges à lèvres, haut-parleurs, médicaments, éponges,
lubrifiants, casques de moto, pellicule cinématographique, vernis à ongles, filtres à huile, pagaies, pinceaux, parachutes,
paraffine, stylos, parfums, Vaseline, chaises en plastique, vaisselle en plastique, ruban adhésif, contreplaqué, matières
plastiques, réfrigérateurs, roues de skateboards, pare-vapeur, sacs poubelle, bottes en caoutchouc, chaussures de jogging,
saccharine, joints, chemises (non-coton), cirage, chaussures, rideaux de douche, solvants, lunettes, chaînes-stéréo, pulls,
balles de ping-pong, enregistreurs, téléphones, magnétoscopes, raquettes de tennis, thermos, collants, garnitures de WC,
dentifrice, transparents, pneus, rubans encreurs, parapluies, capsules de vitamines, tapisseries, conduits d'eau, résines.

Problèmes
Comme noté précédemment, toutes les énergies alternatives ont leurs propres pollutions et ceci est résumé dans le tableau
ci-après (à nouveau tire du livre « Energy: a Guidebook »).

Source d'Énergie Problèmes
Pétrole Réchauffement de la planète; pollution de l'air par les véhicules; pluies acides; marées noires; accidents sur les puits
Gaz naturel Réchauffement de la planète; pertes des gazoducs; explosions méthane
Charbon Réchauffement de la planète; dégradation de l'environnement par extraction à ciel ouvert, ; affaissement du terrain à
cause des mines; entassement des déblais; pollution de la nappe phréatique; pluies acides
Nucléaire Réchauffement de la planète (malgré ce qu'ils prétendent); radioactivité (entretien de routine, risques d'accidents,
entreposage des déchets); risques liés au terrorisme; prolifération des armes nucléaires
Biomasse Dégradation du paysage et effets sur la biodiversité; pollution de la nappe phréatique par les engrais; utilisation de
l'eau; concurrence avec la production de nourriture
Hydroélectrique Déplacements de populations; influences sur les rivières et eaux souterraines; barrages (impact visuel et
risques d'accidents); risques sismiques; influences sur l'agriculture en aval
Eolien Bruit; atteintes au paysage; risques pour les oiseaux; interférence avec la TV
Marées Destruction de biotopes; réduction de la dispersion des effluents
Géothermique Fuites de gaz polluants (SO2, H2S, etc.); pollution de la nappe phréatique par des résidus chimiques et des
métaux lourds, risques sismiques
Solaire Utilisation de grandes surfaces de terrain; matériaux toxiques entrant dans la fabrication de cellules photovoltaïques,
impact visuels en ville et en campagne

consequence :

Carburant
Protestations de l'An 2000
Les protestations de l'an 2000 furent un excellent exemple de ce qui arrive quand nous sommes privés de notre essence, et un
avertissement salutaire..

Les prix du pétrole étaient restés bas depuis un certain temps quand l'OPEP a décidé de réduire ses quotas, entraînant les
prix à la hausse. Les pêcheurs français ont commencé à protester, puis la vague a traversé la Manche. Les agriculteurs (qui
utilisent un carburant moins taxé furent ainsi plus conscients de l'augmentation) et les transporteurs (qui voyaient leurs
concurrents du continent utiliser un diesel moins taxé) ont débuté leur propre opposition. Le gouvernement était mal pris,
ayant augmenté progressivement les taxes quand le pétrole était meilleur marché et ne les ayant pas réduites lors de
l'augmentation du prix du baril. Il en est résulté un blocage des raffineries pour environ 2 semaines et demi.

Les implications de cette mini-pénurie furent énormes. Il y a eu non-seulement de longues colonnes aux stations-service pour
faire le plein, mais aussi des achats en catastrophe dans les magasins dont certains se trouvèrent à court de lait et de pain. La
levée du courrier fut suspendue les dimanches pour économiser le carburant. Les animaux des fermes furent menacés de
famine, les aliments n'étant plus livrables. Les écoles furent fermées et les hôpitaux ont annulé toutes les opérations exceptées
les urgences. Et tout ceci en seulement deux semaines et demi.

Pour les pays les plus riches, au début, le pétrole sera encore disponible bien que le consommateur devra y aller de sa poche.
Les gouvernements (en Europe du moins) pourraient être tentés d'adoucir la crise en réduisant les taxes sur les carburants,
mais ils devraient trouver l'argent ailleurs (particulièrement en cas de récession). Pour les pays les plus pauvres (et finalement
tous les pays) il n'y aura simplement plus assez de pétrole pour répondre à la demande. Les effets, se déployant sur une plus
longue période, ne seront sans doute pas aussi dramatiques que lors des protestations de l'an 2000, mais nous devrons
trouver des moyens pour réduire notre consommation. Le coût du transport aérien va augmenter, ce qui pénalisera les
vacances à l'étranger, et les nourritures exotiques deviendront rares et il y aura moins de choix dans les supermarchés. Les
trajets des pendulaires pour se rendre à leur travail seront décriés et amener les enfants à l'école en voiture sera désapprouvé.
Les conséquences seront énormes – et elles surviendront d'ici une ou deux décennies

L'image sur la gauche est une photo de l'Est des USA et du Canada. Déplacez votre souris sur l'image et vous verrez à quoi
ressemblait cette zone durant la panne de courant de 2003.

La panne de courant qui a touché l'est des USA et du Canada en août 2003, et la plus petite panne qui a touché le Métro
londonien peu après montrent à quel point nous sommes totalement dépendants du courant électrique et les effets dramatiques
que son absence provoque. Les trains et métros s'arrentent, piégeant leurs passagers; les ascenseurs stoppent entre deux
étages; les feux tricolores éteints, les gens se précipitent hors des immeubles, augmentant ainsi le risque d'accidents. Plus
personne ne pouvait communiquer puisque tout le monde avait passé du réseau fixe au réseau mobile. La pression sur les
services de secours était énorme. Imaginez les conséquences si tout le pays était touché, et pas seulement quelques villes. Et si
cette panne durait des jours, avec d'autres survenant les semaines suivantes?

Avec le déclin du pétrole, les pannes (et coupures) de courant seront constantes et se produiront toute l'année. Pas de
lumière, pas de chauffage, pas de cuisine (à moins que vous ne disposiez du gaz, et imaginez comme son prix va augmenter!).
Le nombre de morts va exploser ainsi que la pression sur les autorités. Les coûts des services d'urgence, des hôpitaux et
généralistes, ainsi que l'aide sociale vont augmenter alors que l'efficacité diminuera.

Le nombre de pannes et leur durée va s'accroître avec le temps. C'est à ce moment là que l'existence même de la civilisation
sera menacée. Nos sociétés modernes ne peuvent pas exister sans électricité. Elle est même plus essentielle que le pétrole.
Les pannes de courant nous ramèneront au Moyen-Âge à plus d'un titre. Et c'est là que la théorie d'Olduvai entre en scène
(voir Théorie d'Olduvai).



Economie
Si vous nous étonnez de n'avoir jamais entendu les compagnies pétrolières et le gouvernement parler de déplétion du pétrole,
souvenez-vous de ce qui s'est passé en janvier 2004. Voici un compte-rendu du site Internet de la BBC:

Les actions de Shell plongent avec la diminution des réserves

Malgré des bénéfices en hausse, les investisseurs ont tourné le dos au groupe pétrolier Shell. Royal Dutch Shell a réduit les
chiffres de ses réserves prouvées de pétrole et de gaz de 20%. Les investisseurs abasourdis ont immédiatement vendu leurs
actions du groupe Anglo-néerlandais, qui ont chuté de 7% tant à Londres qu'à Amsterdam. Shell affirme ne pas s'attendre à
un impact négatif sur ses résultats financiers, puisque 90% des réserves impliquées demeurent inexploitées. Mais les analystes
ne sont pas convaincus. Les actions de la collègue BP on également chuté de 2%.

Les investisseurs et spécialistes du pétrole, perplexes, ont été surpris par la vente.

« J'étais choqué, pour le moins" » rapport l'agence France Presse qui cite un analyste pétrolier souhaitant garder l'anonymat. «
Ils n'ont pas donné d'explications détaillées pourquoi cela s'est passé. »

« La valeur de la compagnie s'en trouve réduite de 10% en prenant en compte le cash flow, » a affirmé Richard Brackenhoff,
expert pétrolier chez Kempen & Co.


Finalement, le président fut contraint à la démission. Les effets sur le cours des actions de la compagnie sont clairement
illustrés dans le graphique ci-après.



Cours des actions Shell, décembre 2003 à février 2004.


Vous pouvez imaginer les effets sur les bourses si les compagnies pétrolières admettaient que le pétrole déclinera dorénavant
chaque année et ne retrouvera jamais son niveau d'avant. Un jour elles devront l'admettre, mais aucune compagnie (ou
président) ne veut être la première.


Présages
Comment saurons-nous quand le déclin commencera à se fera sentir? Certains ont fait des estimations. La première est tirée
de la newsletter de l'ASOP de mars 2002 (le Rapport Nemesis)

Au début il sera nié. Il y aura des mensonges et des embrouilles. Alors les prix monteront et la demande diminuera. Les riches
vont surenchérir pour le pétrole disponible. Initialement il semblera que le système s'équilibrera à nouveau. La ruée sur le gaz
sera plus frénétique. Les gens se rendront compte qu'il faut dix ans pour construire une centrale nucléaire. Ils se rendront aussi
compte que les [énergies] renouvelables sont vraiment marginales et demandent beaucoup d'énergie pour être construites. Il y
aura une ruée sur les véhicules et équipements énergétiquement plus efficaces. Les pauvres n'auront plus les moyens de se
payer ces équipements ou les combustibles.

L'exploration et l'exploitation du pétrole et du gaz deviendront complètement frénétiques. De plus en plus de pays décideront
de garder pour eux leurs réserves de pétrole et de gaz. La qualité de l'air sera ignorée tandis que la production et la
consommation de charbon s'accroîtront à nouveau. Une fois le déclin vraiment entamé, la production de [tous les liquides
issus du] pétrole va implacablement chuter de 5% par an. Les prix de l'énergie augmenteront impitoyablement. L'inflation
deviendra endémique. Les guerres pour les ressources éclateront.

Glenn Morton sur son site [en anglais] est tout aussi lugubre.

La propagation des pannes d'électricité causera finalement une sévère récession, particulièrement avec l'augmentation des prix
du pétrole, qui se produira à la fin de la décennie. Le pétrole alimente les avions, l'électricité, le travail. Bartlett a affirmé que
l'agriculture moderne était simplement une façon de convertir le pétrole en nourriture! Sans énergie, la quantité de nourriture
produite diminue.

Une autre implication concerne la capacité qu'auront les gouvernements à tendance socialiste à maintenir leurs programmes
sociaux…Il s'agit là de la dernière génération de Britanniques et d'Ecossais à profiter d'un programme comme la [Sécurité
sociale]. Aucun gouvernement de la planète ne sera plus capable de financer pleinement ses services sociaux avec des prix du
pétrole élevés.

Il s'ensuivra une instabilité politique. Je suis convaincu que quelques meneurs deviendront fous après que les masses les auront
rejoints. C'est dans de genre de situation que Lénine, Hitler et d'autres individus dangereux pont pris les rênes du pouvoir. La
vie sera alors ne sera pas une sinécure.

Une fois le pic de Hubbert passé, quand les coûts de l'énergie vont crever le plafond, il y aura une période avec un fort accent
mis sur la préservation des ressources. Ca sera comme au début des années 1980, quand les prix élevés du pétrole ont rendu
le monde attentif à l'efficience énergique. De plus petites voitures avaient été achetées à l'époque, les maisons isolées et les
ampoules à basse consommation ont fait leur apparition. Cela se produira de nouveau, repoussant quelques-uns des
problèmes les plus graves. Mais cette fois, contrairement aux années 80, il n'y aura pas d'augmentation de la production de
pétrole. Chaque année, continuellement, nous aurons besoins de plus d'efficacité dans notre consommation d'énergie. Chaque
année l'inflation augmentera le prix des biens de consommation parce que le pétrole deviendra de plus en plus rare…Mon
Grand-Père m'a parlé de la Grande Dépression [de 1929] quand il avait fondé sa famille. Son travail était agréable en
comparaison de ce qui va nous frapper.

Les habitants du Tiers Monde, comme le Mexique, feront la seule chose humaine, une chose que nous ferions tous dans cette
circonstance – essayer de se rendre dans les pays qu'ils perçoivent comme riches et ayant du travail. L'armée, sans pétrole,
sera incapable de contrôler les frontières. Il ne sera pas agréable de voir des pauvres gens se faire abattre pour éviter qu'ils
n'entrent dans un pays.


Comment en serez-vous informés?
Si vous êtes arrivé jusqu'ici, vous avez un énorme avantage sur les 99% du reste de la planète – vous êtes conscient du
problème. Pratiquement tout les autres croient qu'il y a plénitude de pétrole, ou que le problème est mineur. Ils s'inquiètent du
réchauffement du climat, de la pauvreté, ou des guerres. Ils ne connaîtront pas, ou ne croiront pas, la déplétion du pétrole
jusqu'à ce qu'elle ne les frappe de plein fouet et que les prix à la pompe n'augmentent chaque jour et le chômage ne s'envole.
Mais vous savez. Regardez les journaux et la télévision, recherchez les statistiques données généralement sans commentaires
– en particulier la production de pétrole. Téléchargez chaque mois la newsletter de l'ASPO et chaque année la statistique BP.

En ce qui concerne les politiques, des experts ont déjà tenté de les alerter, mais nos dirigeants soit les ignorent ou ne les
croient pas. Néanmoins, il vaut la peine de les contacter, ainsi que les journaux, les médias électroniques ou les écoles. La
prise de conscience de la déplétion du pétrole sera graduelle et plus ceux qui doutent en entendront parler, plus rapidement ils
en prendront conscience.



A1. Production des 7 Dernières Années

Selon les chiffres de BP et de l'ASPO, la production de pétrole est en recul ces deux dernières années. Cela ne pourrait être
qu'une baisse passagère et la production pourrait repartir pour quelques années (souvenez-vous que les producteurs d'appoint
– OPEP – produisent actuellement en dessous de leurs capacités. Ils peuvent augmenter leurs productions pour compenser la
baisse des autres pays. Pourtant, finalement eux aussi atteindront leur maximum). Ou il se pourrait que l'année 2000 marque le
pic de production et que nous ayons entamé la descente.

Les années passant, le déclin permanent deviendra clair. Les gouvernements et groupes pétroliers prétendront qu'il ne s'agit
que d'une mauvaise passe, rassurant chacun qu'il y a assez de pétrole et que la production repartira bientôt à la hausse. Votre
avantage, alors que les ignorants seront apaisés, sera de pouvoir lire entre les lignes et d'agir. Ne ratez pas cette occasion.

que faire ?

« Regardons les choses simplement. La principale différence entre la Corée du Nord et l'Irak, c'est qu'économiquement nous
n'avions pas le choix pour l'Irak. Le pays nage dans le pétrole. »

Le Secrétaire à la défense des USA, Paul Wolfowitz, à Singapour, 31 mai-1er juin, 2003

« ...Pour des raisons qui ont à voir avec la bureaucratie gouvernementale américaine, nous avons choisi une menace à laquelle
tout le monde adhère: les armes de destruction massives. »

Paul Wolfowitz, magazine Vanity Fair, mai 2003



Pour moi, une des preuves les plus évidentes que le monde fait face à une crise pétrolière a été l'attaque des USA/UK contre
l'Irak en 2003 (* voir ci-dessous). Alors qu'on a longtemps cherché des raisons alternatives pour justifier l'invasion, le seul but
qui résiste à un examen approfondi est celui de sécuriser les futurs approvisionnements en pétrole. Toutes les autres raisons –
« humanitaire », liens avec Al-Quaïda, menaces pour le monde, les fameuses armes de destructions massives – ont été
réfutées ou tout au moins présentent de sérieux défauts.


Production de l'OPEP Contre le Reste du Monde
Comme le tableau W1 le montre, il ne reste que peu de temps (autour de 2010) pour que plus de 50% de la production
mondiale de pétrole ne provienne des pays de l'OPEP. (Pour les besoins de ce tableau, tous les pays du Moyen-Orient font
partie de l'OPEP. Lors de conflits futurs, il sera dur pour n'importe lequel de ces pays de rester neutre)



W1. Basculement OPEP/Reste du Monde

Le tableau W2 montre les variations de pourcentage entre les deux principales régions productrices de pétrole et le reste du
monde. A l'avenir, l'ex-Union soviétique deviendra extrêmement importante puisque, bien que plus petit que
l'OPEP/Moyen-Orient, elle sera l'égale du reste du monde



W2. Production de Pétrole par Région

Ainsi, avec les autres principaux fournisseurs également dans des régions instables – p.ex. Venezuela, Russie – il y a de
grands risques que les USA soient rançonnés à l'avenir, particulièrement parce qu'ils utilisent bien plus de pétrole que
n'importe quel autre pays. Il n'est donc pas surprenant que le gouvernement et les militaires des Etats-Unis pensent à sécuriser
l'accès aux puits du Moyen-Orient.

Mais y a-t-il des preuves de ces soupçons? Oui, et ils ne s'en cachent pas


« Projet pour un Nouveau Siècle Américain »
Il s'agit d'un groupe de néo-conservateurs particulièrement influents, avec des intérêts dans le gouvernement des USA et/ou
dans l'industrie du pétrole. Parmi ses membres, ont trouve Jeb Bush, Dick Cheney, Dan Quayle, Donald Rumsfeld et Paul
Wolfowitz. Sur leur site Internet, ils sont très clair au sujet de leurs positions par rapport aux USA, au monde et au pétrole.
(www.newamericancentury.org [en anglais]).

Le Projet pour un Nouveau Siècle Américain est une organisation éducative à but non lucratif centrée sur quelques
propositions fondamentales: le leadership de l'Amérique est bon pour l'Amérique et pour le reste du monde; un tel leadership
demande la force militaire, une diplomatie énergique et un engagement pour le principe moral; et que trop peu de chefs
politiques ont aujourd'hui la carrure pour ce leadership mondial.

Il n'est pas difficile de trouver leurs positions sur le pétrole du Moyen-Orient.

En protégeant leurs intérêts dans le Golfe Persique, les Etats-Unis ont toujours espéré trouver un partenaire régional: en
premier l'Iran, puis l'Irak, puis l'Arabie Saoudite, chacun à tour de rôle a prouvé son incapacité à assumer ce job.
Heureusement les Saoudiens sont surestimé le danger qu'ils représentent pour la politique présidentielle. Interdire aux troupes
US l'accès aux bases saoudiennes rendra la guerre en Irak plus dure, mais ne la stoppera pas. De plus, le remplacement du
régime de Saddam Hussein à Bagdad réduira d'autant plus l'influence des Saoudiens – le retour du pétrole irakien sur le
marché ne pourra que réduire la capacité des Saoudiens à imposer les prix du pétrole, et rendra les bases US là-bas
superflues.

25 avril 2002. Mémorandum aux leaders d'opinion; de William Kristol; sujet: L'Arabioe Soudite

Ou ceci, tiré d'une lettre à Bill Clinton, alors président, le 26 janvier 1998.

Il faut en plus absolument ajouter que si Saddam acquiert la capacité de produire des armes de destruction massives, comme
il est certain de la faire si nous laissons les choses aller, la sécurité des troupes américaines dans la région, de nos amis et alliés
comme Israël et les pays arabes modérés, et une part importante de la fourniture mondiale de pétrole s'en trouvera menacée
[mon accentuation]

Depuis plus d'une décennie les USA ont eu une présence militaire en Arabie Saoudite, ostensiblement pour protéger ce pays
contre l'Irak. Il avait été annoncé que, une fois la guerre en Irak « terminée », les troupes seraient retirées.

RHIAD, Arabie Saoudite. Les Etats-Unis ont annoncé mardi qu'ils voulaient retirer toutes les troupes combattantes d'Arabie
Saoudite cet été, mettant ainsi fin à plus d'une décennie d'opération militaire dans ce pays stratégique du Moyen-Orient.

Le secrétaire à la défense Donald Rumsfeld et son homologue saoudien le Prince Sultan bin Abdulaziz, ont affirmé dans une
conférence de presse que la fin de la guerre en Irak et la chute du régime de Saddam Hussein signifiaient la fin de présence
militaire américaine. Il ne restera qu'un léger programme de formation militaire… Déjà avant l'annonce de mardi, les forces
américaines en Arabie Saoudite, qui avaient doublé pour atteindre 10.000 hommes durant la guerre, ont commencé le
démantèlement des bases tentaculaires du désert utilisées par les avions de guerre des Etats-Unis depuis 1991 pour patrouiller
dans la zone d'exclusion aérienne du sud de l'Irak.

La présence des forces américaines depuis la Guerre du Golf de 1991 était un problème litigieux en Arabie Saoudite et a
alimenté le terrorisme d'Oussama Ben Laden. Le chef d'Al-Quaïda, natif d'Arabie Saoudite, avait appelé au retrait des
troupes « d'infidèles » Américains du pays des deux lieux les plus sacrés de l'Islam.

Les tensions entre les deux alliés se sont accrues peu après l'ouverture du centre des opérations aérienne en 2001, juste avant
les attaques du 11 septembre. Durant les premiers jours de la campagne d'Afghanistan, Les Saoudiens n'ont pas autorisé le
survol de leur espace aérien par les avions de guerre américains, avait rapporté un officiel américain. Le problème a été
rapidement résolu, mais le délai est resté en travers de la gorge des généraux américains. Le gouvernement saoudien a
empêché les Etats-Unis de lancer des frappes aériennes contre l'Afghanistan ou l'Irak de la Base Aérienne du Prince Sultan.
Une des raisons qui ont poussé le Pentagone à construire le centre de commandement au Qatar était la crainte des officiels de
voir les Saoudiens nous interdire leurs sites durant la guerre en Irak.

30 avril, 2003. International Herald Tribune

L'Arabie Saoudite est un pays vraiment instable, avec 42% de sa population en dessous de 15 ans (Factbook CIA) et un
revenu par tête en chute de $28.000 en 1980 à $10.500 aujourd'hui. Il y a beaucoup de troubles et il est notable que
Oussama Ben Laden et quinze des dix-neuf pirates de l'air du 11 septembre provenaient de ce pays. Ca n'était pas une base
idéale pour les forces américaines, mais plutôt la moins pire.

Il est probable que les militaires et le gouvernement américain ont vu dans les atrocités du 11 septembre le prétexte dont ils
avaient besoin pour attaquer et déposer Saddam hussein. Ils ne doutaient pas qu'ils allaient défaire facilement son armée (ce
qu'ils ont fait) et établir un gouvernement de marionnettes qui « demanderait » aux militaires américains de rester pour
maintenir l'ordre, assurant ainsi une base militaire pour de futures opérations. Malheureusement pour eux, le peuple irakien ne
voit pas l'occupation d'un bon œil et le pays est en train de se transformer en Vietnam, mais un Vietnam que la maison
Blanche ne peut pas se permettre d'abandonner.

Considérant la résistance qui a suivi l'invasion de l'Irak, une des possibilités serait la « balkanisation », c'est à dire la division
en trois nouveaux pays. Au Nord, le Kurdistan, au sud la région des Chiites (Chiitistan?) et les Sunnites restant recevraient un
nouvel Irak plus petit. Le Kurdistan et le Chiitistan pourraient permettre ou demander aux USA de rester pour « maintenir la
paix ». Donc le gouvernement US aurait des forces militaires en permanence au Moyen-Orient, proche des champs pétroliers
de l'(ancien) Irak. Leur espoir serait alors que le nouvel Irak des Sunnites cesserait les attaques contre les militaires
américains.



Comment l'Irak pourrait être Divisé

Les preuves que les Américains ont l'intention de rester longtemps en Irak sont nombreuses, tel que ce reportage du Daily
Telegrapph du 31 janvier 2004:

L'Amérique a l'intention d'établir une ambassade de 3.000 personnes, la plus grande de toutes ses représentations, a révélé
hier le secrétaire d'état Colin Powell. Il s'agit là d'une partie des décisions importantes et urgentes pour ancrer la présence des
USA en Irak après l'occupation. Cette ambassade géante exercera une influence considérable sur le nouvel Irak, notamment
parce que Washington espère maintenir une garnison de plus de 100.000 hommes dans le pays, même une fois l'occupation
officiellement terminée.

Les preuves de ces opinions viendront dans le futur. Si les USA retirent leurs forces militaires d'Irak (non-pas seulement le
transfert du pouvoir aux Irakiens) ou transfèrent le maintien de la sécurité aux Nations Unies ou à une coalition Arabe, cela
supposera que j'ai eu tort et que l'invasion de l'Irak avait d'autres raisons. Mais si le pays est divisé ou que les Américains
restent malgré les pertes et l'hostilité du peuple irakien, alors…



Les Futures Guerres du Pétrole
Il n'est pas inhabituel pour un pays d'entrer en guerre pour s'assurer d'un bien dont il a besoin et ne dispose pas. Il semblerait
que nous ayons eu deux guerres du pétrole contemporaines (y' a t'il quelqu'un qui doute que les USA et l'Europe auraient eu
le courage de libérer le Koweït, ou l'Irak de l'envahir, s'il ne disposait pas des sixièmes (d'après les statistiques) plus grandes
réserves de pétrole?) Il est probable qu'il y aura beaucoup d'autres guerres dans les décennies à venir. Les USA ont
démontré leur volonté et capacité d'attaquer d'autres pays pour leurs propres intérêts et il est peu probable qu'ils y renoncent
si leur élément vital est menacé. L'Europe, la Russie et la Chine ont plutôt décidé de ne pas intervenir, et s'installent
eux-mêmes doucement dans leur déclin.



W3. Comparison of the Four Countries

Mêmes si les pays de l'OPEP vouaient être « justes » et répartir équitablement le pétrole quand la production déclinera, les
plus gros consommateurs devront faire face aux pénuries et prix élevés. Est-ce que les dirigeants américains ou chinois vont
rester les bras croisés face aux augmentations de prix et troubles intérieurs, ou vont-ils utiliser la force militaire, peut-être sous
prétexte de menaces terroristes ou d'instabilité? Notre croissance de la dernière moitié du vingtième siècle s'est appuyée sur
une guerre économique et de pouvoir entre les principaux pays, oubliant les millénaires de conflits quasi-perpétuels. Les
guerres du vingt-et-unième siècle pourraient être le premier signe d'un retour en arrière vers un mode de vie « historique », une
régression de la civilisation.

Note: Il existe des arguments pour affirmer que la guerre en Afghanistan est une guerre pour le pétrole. Ben Laden et la
majorité des pirates du 11 septembre venaient d'Arabie Saoudite, mais les USA ont quand'même attaqué l'Afghanistan et
non-pas ce pays. En outre, l'Afghanistan se situe entre les deux principales régions productrices – Le Moyen-Orient et la Mer
Caspienne. Un endroit très commode pour baser ses troupes.



* Il existe actuellement deux raisons pour lesquelles les USA voudraient envahir l'irak. L'une est la peur de la déplétion du
pétrole en soit et l'autre est la peur de la proportion croissante de production OPEP/reste du monde. Comme le tableau W1
le montre, d'ici peu de temps plus de la moitié du pétrole proviendra du Moyen-Orient, et c'est ce que redoutent les USA –
une dépendance envers les gouvernements arabes plutôt qu'une perte désastreuse de pétrole en général.

A un moment donné dans le futur, le monde prendra conscience du danger de la déplétion du pétrole et essayera de faire
quelquechose. La question fondamentale est quand?

Un Futur Optimiste
D'un point de vue optimiste, le monde deviendrait soudain conscient de la déplétion, à l'image de ce qui s'est passé pour le
réchauffement du climat, longtemps ignoré et sur toutes les langues du jour au lendemain dans les années 1990. Il suffirait d'un
politicien ou d'un scientifique influent pour créer un effet boule de neige. Une fois les gens conscients du problème, les
gouvernements auraient la légitimité pour décréter des lois pour les économies d'énergies, et des traités seraient signés entre
les pays producteurs et consommateurs de pétrole pour prévenir des guerres d'approvisionnement.

Des stratégies de diminution de la population devront être mises en place pour réduire la demande d'énergie et de nourriture,
dépassant les sensibilités religieuse sur la contraception et l'avortement. Notre mode de vie devra changer (voir tableau F1),
mais les menaces seront tellement graves que nous seront forcés de le faire. Finalement, une population humaine réduite
émergera (estimée à deux milliards d'individus) et plus stable.



F1. Efficacité des Transports


Un Futur Pessimiste
Le monde continue son chemin prodigue, aveugle, ignorant les signes précurseurs jusqu'à ce que le déclin soit bien entamé et
impossible à ignorer. Ce sera alors la panique et les pays vont tenter désespérément de sécuriser le pétrole restant pour leurs
propres besoins, dans une stratégie nationaliste plutôt qu'une politique mondiale de survie. Des guerres éclateront entre les
ennemis, et des barrières douanières s'élèveront entre les « amis », dans une tentative des sociétés de repousser l'inéluctable
changement et de prolonger le monde actuel le plus longtemps possible.

Les guerres, famines, pénuries et migrations de masse détruiront notre société industrielle complexe, jusqu'à ce que nous nous
retrouvions avec une population estimée à deux milliards ou moins d'individus organisés en société médiévale (ou pire).

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