| Subject: Le Seigneur du Pipo - Chapitre XV – L’Ultime Vote |
Author:
Gramon
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Date Posted: 15:40:58 05/15/02 Wed
In reply to:
Gramon
's message, "Le Seigneur du Pipo - Chapitre XIV - Mystère et boule de poils" on 10:23:08 05/13/02 Mon
Le Baron Lapeine émit un gargouillis de fosse septique. Il avait pris le
contrôle des Urnes d’Or sur tout le Royaume. Abstentogh lui avait fourni l’
Urne nécessaire pour gagner les voix de la population, et le séisme
consécutif à la nouvelle stupéfiante avait fait des échos dans les moindres
recoins de la Terre du Milieu. Le Baron Lapeine était sur la route vers le
pouvoir absolu. Dorénavant, il ne restait plus qu’une seule personne qui lui
faisait obstacle au trône de souverain du Royaume ... une de trop !
En effet, un élément manquait à sa conquête définitive du Pouvoir… La
chimère porc-humain se leva péniblement, et ses gardes s’écartèrent
imperceptiblement de la créature, craignant une nouvelle manifestation
sanglante de sa colère. Le chef de la secte du Effhaine beugla alors :
Mais que fait cet imbécile ! Incapable de se débarrasser de Barbecourte…
Stupide Korrigan ! Je vais en faire du ragoût s’il ne me l’apporte pas !! »
Aucun des orcs de la garde n’osa demander ce dont parlait le Baron, car tous
savaient de quoi il s’agissait. Sur le sol souillé du QG lutécien de Lapeine
gisait encore le parchemin de Scriptor sur lequel était écrit : « j’ai
trouvé la demeure du porteur de l’anneau »…
***
Drapé dans sa cape noire, il courait à toute allure. Il sentait le
bruissement des fougères dans le vent, alors qu’il filait vers Lutèce à
travers champs, regardant droit devant lui. Il devait lui livrer l’anneau de
Pipo au plus tôt. Il le tenait dans le creux de la main et sentait sa force
rayonner dans son bras. Quel pouvoir ! Son maître saurait en faire l’usage
qu’il fallait.
***
Camomille et Gramon, chaussés de leurs Rouleurs, avaient retrouvé leurs amis
de Lutèce. Mais déjà, Camomille, soucieuse de la santé de son preux
chevalier Tus après le séisme, s’en était allée s’enquérir de son état.
Gramon retrouva donc Sady, son frère Arnono, quelques unes des amies de la
Béhenne, Walgorone le Ranger, Jessie l’Entropiste et Bisalf le Gris, qui
étaient prêts à parcourir la Capitale avec ce nouveau moyen de locomotion
(particulièrement glissant et instable au premier abord). Le hobbit du
Tilékhom leur avait exposé la situation, qui était grave depuis qu’il avait
perdu l’anneau de Pipo. Comme l’avait dit la Voyante, s’il tombait dans de
mauvaises mains, le Royaume serait perdu. Dans un même mouvement, ils s’
élancèrent dans les rues de Lutèce, rejoignant la foule de milliers d’
adaptes des Rouleurs, en une sorte de gigantesque défilé pour atteindre la
source du séisme. Leur but commun : tenter de contrer le pouvoir de la
personne qui en était à l’origine, en espérant que ce ne soit pas le Baron
Lapeine. Tous ensemble, ils se mirent à suivre, en roulant de toutes leurs
forces, les fissures laissées dans les pavés de la cité. Ils espéraient
ainsi remonter à l’épicentre du tremblement de terre.
Ils allaient vite, car l’enjeu était grand. En effet, ce jour n’était pas
comme les autres ; c’était le jour de l’Ultime Vote. Aujourd’hui, le Vote
des Urnes d’Or désignerait le Souverain du Royaume…
***
Il avançait toujours, longue forme noire rendue floue par la vitesse. De
lui, on discernait à peine le visage, voilé dans son habit de jais. Il
venait de rentrer dans Lutèce, et, foulant les pavés dans une course
haletante, il ne pensait qu’à une chose : arriver chez son maître à temps. L
’heure tournait, et il devait lui porter l’anneau avant que l’Ultime Vote
des habitants des Terres du Milieu n’aie pris fin. Il approchait du centre
de la cité, passant en ligne droite à travers la foule des passants,
devenant de plus en plus dense et difficile à esquiver au fil de sa course.
***
Les hobbits étaient perdus dans la foule des manifestants sur Rouleurs.
Parmi eux, des bruits circulaient comme quoi le Baron serait effectivement à
l’origine du séisme… La procession rapide avait un but commun : contrer
Lapeine, et empêcher qu’il n’étende son pouvoir de nouveau sur les Urnes d’
Or. S’il entrait en possession de l’anneau pipal, toute leur lutte aurait
été vaine.
Alors qu’il avait toujours prudemment sur ses Rouleurs, Bisalf tourna la
tête et remarqua à travers la foule une forme qui fonçait vers eux. Sa
trajectoire fulgurante perpendiculaire au cortège laissait présager… Un choc
terrible ! Bisalf fut percuté de plein fouet par le personnage en noir qui l
’envoya roula sur le trottoir. Sonné dans sa chute, il eut juste le temps d’
apercevoir le bolide humain foncer dans Arnono, qui se perdit dans le reste
de la foule. Par la suite, les autres hobbits mettraient plusieurs heures à
retrouver le facétieux frère de Sady la Béhenne, heureusement indemne.
Bisalf, étourdi par le choc, vit dans le brouillard la forme noire s’
éloigner rapidement dans les ruelles de Lutèce. Avant de perdre
connaissance, il pensa : « Mais… je le reconnais… »
***
Le Baron Lapeine se tenait suintant, debout dans la pénombre devant son
trône d’os, au siège du Effhaine. Son influence sur les Urnes d’Or s’
affaiblissait, à cause du sursaut de la population depuis le Séisme. Les
mages du Royaume avaient réussi à contrer le pouvoir du sortilège que
Lapeine avait créé, contrecarrant ses plans maléfiques. Mais rien n’était
joué d’avance, et le Baron avait confiance en son émissaire noir. A l’aube
du résultat de l’Ultime Vote, il attendait Scriptor et la clé du Pouvoir
Souverain… « L’anneau de Pipo ! » Son cri dément se perdit dans l’obscurité
de son Quartier Général.
***
Il venait de traverser la foule, non sans difficultés. Ses épaules lui
ciraient leur douleur après avoir percuté deux des membres du cortège, mais
il ne s’en souciait pas. Tous ses sens étaient focalisés sur la demeure de
son maître, qu’il pouvait maintenant voir au loin.
Il s’arrêta enfin sur le pas de la porte, alors qu’il ne restait plus que
quelques minutes avant la révélation du résultat de l’Ultime Vote. Reprenant
son souffle, il regarda une dernière fois l’anneau dans sa main. C’était
maintenant que tout ce jouait. Il prit la poignée dans la main. La porte s’
ouvrit dans un grincement, comme une sentence scellant le destin de la Terre
du Milieu.
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