| Subject: Le Seigneur du Pipo - Chapitre XIV - Mystère et boule de poils |
Author:
Gramon
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Date Posted: 10:23:08 05/13/02 Mon
In reply to:
Gramon
's message, "Le Seigneur du pipo - Chapitre 13 bis - Le chapitre inattendu - Le Séisme" on 09:44:15 04/24/02 Wed
Aujourd’hui, dans ce chapitre, nous allons essayer, ensemble, de découvrir un mot. Ce mot, nous ne le connaissons pas : ni vous, ninou. Cependant, nous allons essayer de l’apprendre ensemble. Alors voici le mot :
" Pédonculé ! "
Pour mieux comprendre ce qui est en train de se passer en Terre du Milieu, mettons-nous en situation.
" Oh, mais dites donc, monsieur, vous en avez une belle Urne en Or !
- Ah oui, elle est jolie, je la garde précieusement. Vous savez, on met des parchemins dedans pour voter.
- Mais vous n’avez pas peur qu’on vous mette des faux parchemins pour truquer les votes ?
- Oh que non, mon bon monsieur, j’ai tout prévu ! Je bouche le trou de l’Urne !
- Ah, mais c’est intéressant ! Et comment donc faites vous cela ?
- Mais ce n’est pas compliqué, j’utilise un morceau de chêne.
- Ben dites donc, c’est un morceau de chêne spécial. C’est comme pour les bouteilles ?
- Exactement, monsieur ! C’est du chêne liège !
- Ah ! Du liège, c’est bien. Mais je me demandais, mon bon monsieur…
- Oui je vous écoute.
- Pour le Baron LaPeine, le liège ça doit pas suffire pour l’empêcher de recevoir des voix dans l’Urne. J’imagine qu’on a besoin d’une autre espèce de bouchon, non ?
- Mais exactement, monsieur ! Pour lui, c’est pas la même espèce de chêne ! "
En effet : parce que pour LaPeine, c’est une espèce de pédonculé.
Nous ne voyons pas d’autre explication.
***
Lutèce, au niveau de la Gare. Sur les lieux : Gramon, Camomille, et puis, un cheval de feu qui vient de dérailler.
Sur notre droite : Camomille la Chimiste, poursuivant des études très poussées actuellement dans le domaine. Elle aime : planter sa cuiller dans le crumble aux pommes (un dessert fort appréciable), la couleur orange (il suffit de voir sa chambre), les chevaliers joyeux avec une barbichette. Elle n’aime pas : les œufs, les chevaliers tristes sans barbichette, les chevaux de feu qui foncent sur elle à 200 à l’heure.
Sur notre gauche : Gramon Saquet, hobbit du Tilekhom, de la Guilde des QSF. Il aime : fracasser les " balles de base magiques" à coup de batte, les singes à trois têtes, savourer la danette au chocolat pendant une heure. Il n’aime pas : le Baron LaPeine, les gens qui parlent pour le rien dire, être dans un cheval de feu qui vient de dérailler à 200 à l’heure.
Et puis, élément incontournable de ce décor en mouvement : le cheval de feu, fidèle serviteur des voyageurs du réseau SNCF des Terres du Milieu. Il aime : arriver à l’heure en gare, faire des pointes de vitesse dans les lignes droites (quelle sensation grisante dans la crinière !), arnaquer les clients dans le wagon restaurant. Il n’aime pas : les grèves de ses cavaliers, les albatros qui s’installent sur lui en pleine course sans même lui demander son avis, être considéré comme le méchant dans l’histoire (c’est vrai, c’est pas lui qui, dans un élan sadique, a choisi de dérailler, alors qu’il emporte Gramon et qu’il se rue vers Camomille ; faut pas pousser non plus !).
Bref, l’avenir de nos héros semble compromis, et tout le monde se dit : " mon Dieu, mais que va-t-il leur arriver ? Vont-ils périr broyés dans un accident de cheval de feu ? " Même l’écrivain se le demande, alors, je peux vous dire que ça a pas l’air gagné pour leur survie. Heureusement, vous, les hobbits, à la fois lecteurs et acteurs de l’histoire, avez la possibilité de décider de leur sort, en choisissant l’un des deux scénarios suivants :
1. LA MORT : Camomille et Gramon sont broyés dans un fracas abominable dans la Gare de Lutèce.
2. LA VIE : Ils survivent, les oiseaux chantent, etc.
Vous avez fait votre choix ? Alors maintenant, sautez (mais attention à la chute !) au paragraphe (§1 ou §2) correspondant !
§1 : Si, comme Bisalf (vieux sadique, va !), vous avez choisi la mort :
Le cheval de feu poursuit sa course folle à 200 à l’heure, percute violemment la Chimiste, de même qu’une vielle dame innocente poussant un landau sur le quai, fauche quelques chemineaux au passage, traverse les murs et les galeries souterraines de la gare et finit son trajet dans le pilier central de la tour Montpaarnasse, qui s’écroule de toute sa hauteur sur Lutèce. Dans sa chute, elle entraîne plusieurs immeubles, qui par effet domino font chuter la Tour Eiffel, ce qui coupe la majeure partie des télécommunications de la région et crée le chaos dans toute la cité. Accessoirement, Gramon comprend qu’il va bientôt être très très proche de la structure du cheval de feu, dans une sorte d’art moderne à la César, et l’histoire du Seigneur du Pipo s’achève brutalement au moment où le narrateur se fait enterrer sous les décombres de la tour.
§2 : Si, le pouce levé, vous optez pour la Vie (choix judicieux je dirais, pour la suite de l’histoire) :
Le cheval de feu avec Gramon à son bord file toujours à fond vers Camomille qui se trouve sur le quai, paralysée de terreur. Il a déraillé, et il glisse à toute allure en travers des rails, prêt à faire de Camomille la Chimiste une œuvre d’art abstrait ! Mais soudain, alors que tout semble perdu, un éclair fend le ciel pourtant vierge de tout nuage…
Super - scénariste !!!
Camomille, déstabilisée par la déflagration juste à côté d’elle, tombe à la renverse. Dans sa chute, elle roule dans les escaliers tout proches, qui descendent sous le quai. Ceci juste au moment où le cheval de feu passe en furie sur le quai à quelques centimètres au-dessus de sa tête, projetant des étincelles dans un crissement métallique effroyable. Mais l’éclair a également créé un cratère sur le trajet de la structure de fer incontrôlable : au milieu des rails se trouve désormais un trou béant. Poursuivant sa course, l’avant du cheval de feu se prend dedans, ce qui crée un effet levier qui soulève toute la masse allongée du wagon du hobbit. Il bascule en avant et se met à tourner en l’air comme le bâton d’une majorette. A l’intérieur, Gramon sent que son quatre-heures lui fait part de sa soudaine envie de retrouver l’air libre. Mais la sensation de tourniquet s’arrête brusquement dans un choc violent équivalent au plaquage d’un sumo boulimique ayant abusé du saké. Le wagon vient en effet de retomber au sol de manière quelque peu brutale. Mais au moins, la fureur du cheval s’est calmée, et le wagon repose, inerte, en travers du quai de la gare, où quelques badauds contemplent la scène, hallucinés. Aucune victime n’est à déplorer.
Le panache de poussière commence à se dissiper au bout d’un moment, et Camomille décide de s’avancer vers les décombres de la masse métallique.
" - Gramon ? Ca va ? " Elle cherche un signe de vie du passager du wagon.
" - Oh, c’est po pire… ! " gémit Gramon en s’extrayant tant bien que mal des débris.
" - Franchement, j’ai cru un moment qu’on allait y rester ! "
" - Tu penses ! C’était du gâteau de se sortir de cette situation… " fait Gramon d’un air modeste.
" - Hmmm " Camomille est dubitative. " Je crois qu’on le doit quand même un peu à quelqu’un, non ? "
" - Oui, remarque tu as raison… Merci, super - scénariste ! "
" - Oui, merci super – scénariste ! " dit Camomille reconnaissante.
De rien, de rien…
Bien évidemment, il y a une explication à cette tournure heureuse de l’histoire. Aucune personne présente sur les lieux ne l’a remarqué, mais sur le sol de la Gare, non loin du cratère creusé par l’éclair, gît un parchemin au pouvoir magique. C’est un nimel protecteur déposé par l’albatros dans le cheval de feu à l’insu de Gramon.
" Mon cher Gramon,
Permets moi tout d’abord de te passer un Bonjour Enchanté. Ne pouvant te joindre ce soir par les Voies Sacrées de l’Irque (" Pas de nouvelles, bonnes nouvelles dis un adage ancestral "), je t’envoie un Nimel afin de te faire part d’une de mes récentes découvertes. Je farfouillais ce soir dans mes livres de magie, pour trouver un nouveau parfum envoûtant destiné à la petite fiole conservatrice de produits magiques en tout genre dont j’ai dernièrement fait l’acquisition ( tu sais la petite noire super cute qui se fond merveilleusement dans ma déco…et euh bon passons), et j’ai retrouvé un mot de mon arrière grand cousin au quatrième degré par alliance que je te retranscris :
Le Pouvoir des Mots
Sur sa Route Sinueuse t’entraînera
Combats !
La Communauté dans sa Quête te Guidera
Et t’Enverra
Un Preux Héros
Qui de ton Destin Fatal te Sauvera
Il avait écrit ses mots après avoir consulté des Oracles. Il avait alors milité contre la Fin du Monde, malheureusement il était un peu en avance sur son temps. La médiocrité de la populace tourne souvent en dérision ces grands esprits … J’espère que cette prophétie te permettra de garder foi en ta mission. Que toute ma protection veille sur toi.
Sonya La Lutine Enchantée
Rue de la Lutinerie
Première Souche à Gauche
Le Pays Enchanté
Venez goûter les dernières acquisitions de la Taverne Enchantée, sourire et joie de vivre garantie !!!
Pour tout renseignement envoyez un Nimel à SonyaLaLutineHatteLePaysdesMerveillesDottCom
PS : Je travaille sur ton enluminure protectrice, mais la rime me vient difficilement car je suis constamment attaquée par les Grands Destructeurs de Poubelle en mal de Technik "
Gramon, n’imaginant pas que ce parchemin lui avait peut-être sauvé la vie, s’écria : " Maintenant, Camomille, nous devons retrouver nos amis hobbits ! " Et ils partirent tous deux à la découverte de Lutèce. Mais il fallait faire vite pour retrouver les raisons du séisme qui avait ébranlé tout le royaume (ainsi que le cheval de feu d’ailleurs). Le meilleur moyen de retrouver les autres était le Rouleur : une chaussure à roues étranges que les hobbits mettaient à leurs pieds pour aller plus vite dans les ruelles. Le séisme s’était calmé, mais ils devaient tout de même se rassembler pour en trouver la source.
***
Yannor l’Ermite se frotta les yeux. Il venait de se réveiller et contemplait le paysage des Mines de Naoned sur lequel se levait un soleil radieux. Des petites boules de poils blanches gambadaient toujours allègrement au travers de la lande clairsemée, encore fraîche de la rosée matinale. Se frottant les bras pour se réchauffer car l’air était tout de même frais, Yannor constata que son système pileux se comportait de manière étrange : c’est avec effarement qu’il vit que des touffes de poils roses et bleus commençaient à lui pousser sur le corps ! Mais comment était-ce possible ?
Après un moment à contempler son duvet tout doux, il se dit que finalement, ce n’était pas si laid que ça : en fait il trouvait sa nouvelle " fourrure " très agréable. C’était joli et ça tenait chaud ! Après un temps de réflexion, il se dit que cela pouvait être l’effet à retardement de son contact avec le minerai de Tilékhom qu’il avait découvert dans les Mines de Naoned. Son pelage multicolore naissant était donc le résultat des radiations qu’il avait reçues lors de la déflagration consécutive à son test avec son appareil à " Râ-Klett " l’avant veille. Yannor l’Ermite était en train de se transformer !
***
Au même moment, Sonya la Lutine se préparait un breuvage tonifiant dont elle avait le secret pour se donner du peps ce matin. La taverne, la " Lauréade 312 ", située dans la rue de la Lutinerie, était propre et rangée, et la lumière matinale y filtrait à travers les carreaux. La Lutine Enchantée versait l’eau bouillante dans sa tasse quand un pli se glissa sous sa porte. Elle se baissa pour ramasser le parchemin, et l’ouvrit : c’était un Nimel que Gramon avait posté depuis quelques heures. S’asseyant avec sa tasse, elle lut que le hobbit partait vers Lutèce et qu’elle, de son côté, devait aider Yannor à analyser son échantillon de Tilékhom, ainsi que l’origine des traces sur les murs de l'Unité Régionale de Tilekhom où il travaillait.
Alors qu’elle finissait de lire la missive en sirotant sa décoction, elle entendit frapper à sa porte. Elle se leva pour aller vers la porte. Ce n’était pas l’heure d’ouverture de sa taverne, alors elle préféra regarder par son judas, afin de voir s’il ne s’agissait pas d’un client indélicat.
" Par la Fée Carabosse ! " fit la Lutine stupéfaite. Derrière la porte se tenait une boule de poils colorée qui se dandinait de manière amusante.
" - C’est moi Sonya, ouvre ! " fit la pelote de laine multicolore.
" - Mais qui ça, ‘moi’ ? ? " La tenante de la taverne croyait pourtant connaître cette voix. Mais oui ! C’était…
" - Yannor ! Il m’est arrivé un truc incroyable : j’ai une fourrure qui me pousse partout depuis ce matin ! Ouvre-moi, je vais te raconter ! "
Sonya laissa la boule de poils entrer, et Yannor lui expliqua, la voix un peu étouffée par sa grosse barbe rose, que son système pileux s’était complètement déréglé depuis quelque temps et que ses poils poussaient à une vitesse incroyable. " Ce n’est pas désagréable, en fait. Ca tient chaud : je n’ai plus besoin de m’habiller ! " En effet, son duvet recouvrait tout son corps, et il ressemblait à une boule ronde et cotonneuse. " Et puis touche : c’est tout doux ! ". La Lutine Enchantée passa la main sur le duvet et admit que son contact était très agréable.
" - Tu sais Yannor, je me souviens avoir lu quelque chose à ce sujet dans l’un de mes livres ésotériques… Attend, je vais le rechercher " Elle partit alors farfouiller dans ses livres de magie, de recettes, et de sortilèges divers, mais sans succès. Elle décida d’appeler Fanny la Fée et Golen l’Herboriste, qui pourraient peut-être savoir ce dont il s’agissait.
Quelques minutes plus tard, ses amies étaient dans la taverne et Golen contemplait incrédule la boule colorée au milieu de la pièce. " Ah ! C’est trop fort !! ", fit l’Herboriste, toujours très expressive devant ce genre de phénomène curieux. " Hé ! Mais je sais ce que c’est ! " dit la Fée Final Fanny, qui était une grande lectrice de contes de fée enchantés " Je l’ai vu dans le livre de magie de la Guilde des QSF ! " Elle expliqua alors le phénomène étrange qui avait frappé le hobbit du Tilékhom de Karkefou. Yannor l’Ermite s’était transformé en chaudoudou !
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