| Subject: Le Seigneur du pipo - Chapitre 13 bis - Le chapitre inattendu - Le Séisme |
Author:
Gramon
|
[
Next Thread |
Previous Thread |
Next Message |
Previous Message
]
Date Posted: 09:44:15 04/24/02 Wed
In reply to:
Gramon
's message, "Le Seigneur du Pipo - Chapitre XIII - Les Mystérieuses Urnes d’Or" on 10:08:14 04/22/02 Mon
(Attention, l’auteur tient à signaler que certains passages de ce chapitre peuvent heurter la sensibilité de certains lecteurs)
Le Baron Lapeine émit un grognement guttural traduisant son énervement. Les nouvelles de ses messagers, orcs féroces et autres gargouilles volantes, tardaient à arriver. Nerveux, il était d’une humeur navrante, et le bois de son trône subissait les larges écorchures des ses griffes impatientes. Hors de lui, il empoigna l’un de ses gardes par la peau du cou comme si l’orc n’eut été qu’un simple os de poulet, et lui hurla au visage : " Monal System a refusé de me livrer la formule magique pour contrôler l’écriture sur les parchemins ! Vous n’avez pas été assez persuasifs ! " Chaque fois qu’il ouvrait la bouche, il émanait du Baron des miasmes pestilentiels à l’origine de la chute massive des mouches à proximité de son visage, ainsi que du verdissement accentué de la figure peu fière du garde orc, qui était déjà assez vert avant par ailleurs. " Désormais ma seule chance d’obtenir le Pouvoir réside dans l’anneau ! Et comment est-ce que tu penses que je vais l’obtenir, hein ?? " Ayant fini de vociférer, il projeta son garde orc au mur d’un geste dédaigneux, lequel vint s’empaler sur une lance plantée dans le sol, qui manifestement avait côtoyé bien des chairs innocentes. " Ou alors, peut-être, les Urnes d’Or… "
Tandis que le corps sans vie du garde malheureux s’enfonçait dans le métal rouillé de la lance, un claquement d’ailes sinistre se fit entendre, résonnant sur les parois sombres et rugueuses du Quartier Général du Baron, dans le centre de Lutèce. L’écho était à peine atténué par la viscosité du sang des victimes innocentes qui avaient eu le malheur de rôder près de sa demeure malodorante, peignant de leur viscères coagulantes la surface macabre du QG. Une chauve-souris au rictus morbide vint se poser à deux pas de la créature mi-homme mi-porc, vautrée dans son trône maculé de terre, en l’attente d’un nouveau sacrifice.
Lapeine décocha un coup de pied qui fit valser le volatile dans un couinement de douleur aigu. Le parchemin sale que tenait l’animal vint se poser à ses pieds et il le déroula rapidement, le déchirant presque de ses mains râpeuses, encore dégoulinantes du reste du festin de tripes de la veille. Son visage fut déformé par une grimace qui aurait pu s’apparenter à son sourire, si ses canines bestiales dépassant de ses lèvres ne défiguraient pas son visage gras, qui plus est, affublé d’un œil de verre. Les nouvelles étaient bonnes : Scriptor, le voleur sans scrupules à sa solde lui écrivait ses quelques lignes :
" Messire, j’ai trouvé la demeure du porteur de l’anneau ! Un hobbit insignifiant au milieu du Pays de Loar. Comment a-t-il pu atterrir chez une créature si ridicule ! Cet idiot ne sait sans doute même pas le pouvoir qu’il renferme ! Et le comble : c’est un mineur de Tilékhom en plus ! Je suis en ce moment à l’affût – je l’ai vu qui lisait dans sa petite maison et j’attends qu’il s’endorme. L’anneau de Pipo sera bientôt le vôtre, votre Seigneurie. (De toutes façons, si j’échouais dans ma mission, vous me transformeriez en ragoût de Korrigan, alors je n’ai pas trop le choix !)
Votre serviteur de l’Ombre, Scriptor le Korrigan "
***
Gramon venait de monter dans le cheval de feu partant vers Lutèce, et il observait le paysage défiler d’un œil préoccupé. Et si l’anneau venait à tomber entre de mauvaises mains ? La Voyante avait peut-être eu raison quand elle lui avait fait part de ses préoccupations… Et au cas où ses intuitions concernant la convoitise des candidats se révélaient être des prémonitions, qu’arriverait-il ?
Un albatros fendit le ciel de ses grandes ailes agiles. Stabilisant son vol, il se mit à suivre le cheval de feu. Pour une mission telle que la transmission d’un message à un hobbit montant un cheval de feu, les colombes avaient fait grève, déclarant à juste titre qu’elles n’étaient pas assez rapides pour rattraper un engin pareil dans sa course. Walgorone avait donc fait appel à la sous-traitance de la compagnie ‘Albatros Express’, afin d’envoyer un messager ailé rapide contacter Gramon.
Le hobbit remarqua soudain un oiseau qui s’approchait de sa vitre, filant à toute allure le long de la voie en fer qu’empruntait le cheval de feu. Constatant que l’albatros portait un message attaché au cou, il abaissa sa fenêtre, ce qui permit à l’oiseau de rentrer dans la cabine de Gramon. Caressant l’animal qui avait bien mérité son repos, il défit la ficelle qui retenait le message, et le lut tandis que l’albatros becquetait un sandwich ‘SNCF’. Le Nimel à acheminement Express disait :
" Cher Gramon,
Mon vieil ami, accepte mes excuses pour ne point t'avoir envoyé de nouvelles plus tôt, mais sache que mon combat contre l'Ombre Noire me prend beaucoup de temps et d'énergie. En effet il y a 2 lunes de cela, comme d'autres de nos amis hobbits, je fus envoyé à Lutèce pour travailler dans une petite communauté. Celle où j’arrivai travaille à la communication entre les peuples et s'appelle Monal System. On pourrait même parler de guilde tant parfois leurs pratiques et leurs actions me semblent parfois mystérieuses voire insondables, mais je te parlerai de cela dans une autre missive.
Pour résumer nous fabriquons des machines magiques permettant d'insérer des écritures dans les parchemins animés qui égayent les soirées de nombre de hobbits. Car comme tu le sais, beaucoup de ces parchemins viennent de terres étrangères et en particulier d'au delà de l'océan où ils ne parlent pas forcément notre langue. (Que veux tu, les barbares sont ce qu'ils sont et on ne les changera plus...) Et donc pour permettre aux hobbits et autres races de nos contrées de comprendre les dialogues lorsqu'ils regardent les parchemins animés de ces barbares, nous traduisons et inscrivons au cours de rituels magiques les dialogues sous forme d'écriture dans le parchemin.
Pour être efficaces, les rituels ont besoin d'être préparés. Et c'est cela que l'on attend de moi. Je dois, à l'aide de l'Infaromatik (qui peut servir au bien de tous si l'on sait s'en servir), préparer ce que l'on nomme communément un Lhogyciaïl qui permettra de savoir où mettre les textes, préparés par les soins d'elfes de la communauté, dans le parchemin animé.
A première vue, cette noble tâche ne semblait pas hors de portée même si je savais qu'il fallait que je m'arme de patience pour en venir à bout. Et d'ailleurs au début tout sembla bien se dérouler. Je me plongeai dans les lignes de Khodd du Lhogiciaïl précédent pour l'améliorer et les travaux avançaient assez rapidement. Mais il y a une demi lune, peut être un peu plus, alors que je pensais avoir fini mon travail, je me suis aperçu que l'Ombre Noire avait lâché après moi une armée de ses vils serviteurs : des Boeugh. Des petites bêtes immondes qui s'attaquent au Khodd et qui empêche le Lhogiciaïl de faire ce pour quoi il a été inventé. Pire même: à chaque fois qu'un Boeugh agit alors qu'un membre de la communauté se sert de ma création il devient tout fou et se met à insulter sa machine. Je devais faire vite si je ne voulais pas que mon travail ne soit réduit à néant -et moi avec- à cause d'une horde d'humains devenus fous par ces ennemis tapis dans l'ombre du Khodd. Aussi armé non plus de patience mais de mon Noon-Chakoo, (faut le dire c'est quand même plus efficace) je suis allé batailler ferme contre ces créatures. J'ai combattu longtemps en ne lâchant pas la pression alors que le nombre était contre moi. A force de courage et de sacrifice, j'ai réussi récemment à éliminer la plupart de ces sales bêtes, je les ai boutées hors de mon Khodd, je les ai occies, je les ai tuées, je leur ai éclaté leur tête et après elles sont allées pleurer leurs mères qui les ont même pas reconnues vu comment les leur ai maravé la tronche grave sévère et ... euh...enfin... bref je pense que même un peu imagé tu as saisi le concept de ce que je leur ai fait subir. Malheureusement, seul les plus gros sont tombés et, comme j'ai pu le remarquer pendant la bataille, lorsqu'ils meurent ils laissent leur place à d'autres encore mieux tapis, n'attendant que leur heure pour se révéler au grand jour. Mais comme on me l'a appris dans la guilde des Zinfo de Naoned, je saurai être vigilant et prompt à la réaction.
Voilà pour ce qui est de ma première bataille contre l'Ombre Noire. Je pense avoir réussi à freiner sa progression pour un temps encore mais je sais qu'elle ne tardera pas à essayer de prendre sa revanche. Aussi en tant que Ranger je resterai sur le pied de guerre, les armes à la main, le vent dans mes cheveux, mes yeux scrutant le lointain, prêt à agir dès que l'Ombre tentera à nouveaux de s'approcher.
Mon ami, j'espère te revoir bientôt et sache que si tu veux venir à Lutèce il y a une place dans ma chaumière pour t'accueillir.
Walgorone le Ranger "
" Tiens donc ! " fit Gramon perplexe. Certaines pratiques de Monal System, la communauté qui avait accueilli Walgorone à Lutèce, étaient bien étranges. Son ami Ranger mentionnait des ‘machines magiques permettant d'insérer des écritures dans les parchemins’. Le hobbit de Naoned ne pouvait s’empêcher de penser aux parchemins qui allaient être mis dans les Urnes d’Or dans les heures à venir. S’il existait un procédé magique pour y insérer du texte à l’insu des votants, cela pouvait fausser les voix de la population, truquant ainsi le premier tour… Gramon croisa les doigts pour que Walgorone ait fait son possible pour que Monal System ne communique pas le secret de la machine magique à l’un des candidats.
Mais il restait la menace de l’anneau pipal, qui restait introuvable, proie des Créatures de la Nuit, des Korrigans ambassadeurs de l’Ombre Noire. Et les Urnes d’Or restaient toujours un moyen indiscutable d’arriver au pouvoir. Comme lui avait préconisé la Voyante, il en saurait sans doute plus à Lutèce, capitale de la Terre du Milieu. Le Ranger lui avait communiqué l’adresse de sa chaumière non loin du centre de la grande cité, et le hobbit du Tilékhom aurait ainsi un point de départ pour mener son enquête avec ses amis de Lutèce. D’ailleurs, Gramon discernait déjà la forme de la gare de la capitale de la Terre du Milieu où l’attendait sans doute déjà Camomille pour l’accueillir.
***
Un drapeau noir était accroché au mur du Baron, au-dessus de son trône, et il frémit légèrement quand la porte de son QG s’ouvrit en coup de vent. Une créature longiligne, aux jambes rapides et au regard fourbe, se tenait drapée en noir dans l’entrée. Il s’avança de quelques pas, avant de poser un genou sur le sol entre deux rats morts décapités lors de quelque jeu sadique devant le trône de son maître. La silhouette anguleuse du Korrigan faisait penser à celle de Scriptor, mais c’était pourtant l’autre émissaire de Lapeine, Abstentogh, qui se courbait désormais debout devant lui.
" - J’ai une bonne nouvelle pour vous, maître, fit Abstentogh en tranchant chaque syllabe, j’ai enfin réussi à voler la Mystérieuse Urne d’Or de Lutèce que vous convoitiez tant. Je n’ai pas eu de mal à m’infiltrer dans le Temple de Phnakkh, une fois que Bisalf le Gris, son protecteur, s’en est allé pour Blois, envoûté par l’Infaromatik… Notre diversion a bien marché. " Abstentogh continua avec un sourire fourbe : " Vous avez maintenant le pouvoir de contrôler le Royaume tout entier ! Ma capacité à inciter les gens à ne pas voter reste à votre disposition, votre Magnificence extrême… " Il lui tendit de ses gros doigts crochus l’Urne dorée qui luisait dans la pénombre du QG.
" - Cesse tes obséquiosités dégoulinantes, Abstentogh ! " lâcha la Baron Lapeine dans un gargarisme baveux, " que m’importe que tu empêches certaines personnes de voter contre moi, du moment que celles qui sont sous mon contrôle me donnent leur voix ! Grâce à ce sortilège, ils me la donneront ! " Dans une main, il brandissait un parchemin jauni parchemin couvert de runes incompréhensibles, et de l’autre, il prit l’Urne d’Or que lui tendait le Korrigan. La contemplant d’un regard dément, le gargouillis émanant de la gorge du Baron se changea en une éructation violente, projetant des filets de bave qui vinrent dissoudre une partie de la cape noire de son esclave servile. Ce dernier, soulagé de posséder une cape de toile protégeant son visage décharné de ces postillons acides, remarqua que cette manifestation corrosive n’était autre que la manière de rire du Baron. Un rire de fou, de fanatique, qui effraya même le Korrigan, qui pourtant en avait vu d’autres.
Les autres gardes orcs s’écartèrent devant les jets de bave mortels, attendant que l’averse se calme. Le baron reprit enfin sa respiration, dans un râle semblable au concert des derniers souffles de dix mille lépreux.
" - Enfin… Le Royaume de la Terre du Milieu m’appartient ! " Le Baron approcha alors le vieux parchemin de l’Urne d’Or, et soudain, le destin de la Terre du Milieu bascula.
***
La journée sainte. Huit heures du Soir. Lutèce. Le centre de la cité. Sady la Béhenne sent soudain le sol trembler, sans aucune raison. Elle comprend alors qu’un grand danger est en train de bouleverser le Royaume tout entier, et que sa source est à Lutèce.
***
Lutèce. Au même moment, près de la Gare. Camomille la Chimiste sent soudain la terre bouger sous ses pieds, alors que le train qu’elle attend, arrivant de Naoned, avance toujours vers elle à toute allure.
***
Dans le train vers la Gare de Lutèce. Gramon ressent un tangage étrange qui prend le contrôle du cheval de fer : tout bouge, et les vibrations de la Terre le rendent incontrôlable. Il ne semble plus pouvoir freiner pour arriver en gare !
***
A divers endroits aux alentours de la Capitale. Mary, Jessie, Walgorone, Tus, et Noufoh ressentent également le séisme.
***
Blois, une fraction de seconde plus tard. Les ondes se sont propagées depuis l’épicentre de Lutèce. Bisalf et Yvor se demandent comment un tel événement peut arriver.
***
A différents endroits des Pays de Loar. Le tremblement arrive enfin à la perception de Flam, Gonia, Yannor, Mormon, Sonya, Fanny, et Golen.
***
L’autre bout du monde. Quelques secondes plus tard à peine, le séisme a atteint Reivilo, qui constate avec stupeur se qui arrive en Terre du Milieu.
***
L’albatros arrive à s’échapper du cheval de feu d’un battement d’ailes chanceux. Gramon s’agrippe désespérément à l’intérieur de la structure tremblant de toutes parts. Le cheval de feu vient de dérailler suite à la secousse survenue à Lutèce, et glisse à toute allure vers le quai de la Gare où se trouve Camomille. La Chimiste observe alors, les yeux écarquillés, la masse métallique fondre sur elle dans un crissement de tôle froissée…
[
Next Thread |
Previous Thread |
Next Message |
Previous Message
]
| |